Rudi Vervoort: «Je ne serai pas un magicien»

Gil Durand
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Après avoir prêté serment au parlement bruxellois et au Palais royal, le nouveau ministre-président bruxellois a insisté sur l’identité de la Région bruxelloise mais prévient : « Il n’existe pas de baguette magique pour régler tous les problèmes ». Son discours complet.

Rudi Vervoort, qui prend ce mardi les rênes de la Région Bruxelloise, a souligné l’importance du dialogue avec le fédéral « car Bruxelles est une Région forte avec une vraie identité ». Avant sa déclaration de politique générale, le nouveau ministre-président bruxellois avait prêté serment devant le Roi et, encore plus tôt dans la journée, s’était déjà rendu au parlement bruxellois où il a reçu… une bouée de sauvetage ! Sa déclaration de politique générale est présentée en fin d’article. Ci-dessous, retrouvez les morceaux choisis de son discours.

Rudi Vervoort a introduit son discours en évoquant l’importance du vivre ensemble. Il faut, dit-il, « donner du souffle et de l’ambition » à la Région même « s’il n’existe aucune baguette magique » pour régler tous les problèmes. Rudi Vervoort se pose comme un « homme de méthode » qui sera dans l’action, dans le concret. « Trop souvent, on nous a présenté comme une Région malade (…) Nous avons tout juste un an pour démontrer qu’on peut améliorer la situation ».

Le nouveau ministre-président s’est vu « l’homme d’une méthode », qui agira en concertation et qui rendra des comptes.« C’est ainsi qu’en tout premier lieu, je réunirai les partenaires sociaux bruxellois pour un Sommet extraordinaire dans le courant du mois de mai  », a-t-il annoncé. « Ma volonté est claire : fixer la feuille de route pour cette année de travail. Dans le cadre du Pacte de croissance urbaine durable – le « new deal » – signé le 29 avril 2011, je veux aboutir à concrétiser un certain nombre d’objectifs. »

Rudi Vervoort a insisté sur l’importance des villes, « c’est là que se jouera l’avenir ». « La ville rend libre », a-t-il glissé avant d’être interpellé un instant.« Réussir la ville est une tâche immense mais totalement exaltante. Faire bouger en harmonie la ville est le défi d’aujourd’hui et de demain ».

Il rappelle aussi que Bruxelles emploie plus de 700.000 travailleurs mais souffre d’un taux de chômage important chez les jeunes. « Ce sont ces jeunes que je veux aider, ils ne peuvent pas être une génération sacrifiée (…) nous n’avons pas le droit de les décourager. Il est de notre devoir de leur offrir des perspectives (…) Et cela commence dès le plus jeune âge ».

« On le sait, le prochain défi à relever pour nos écoles, c’est la formation linguistique. C’est très important », a-t-il insisté. « La maîtrise de la seconde langue nationale et des notions d’anglais sont aujourd’hui indispensables dans le monde du travail », a-t-il dit tout en précisant : « Je ne plaide pas pour une régionalisation de l’enseignement mais nous devons ouvrir la voie à un débat avec les communautés pour que chacun prenne ses responsabilités », a-t-il ajouté.

Rudi Vervoort a également appelé à « jeter les bases d’une réforme fiscale favorable au logement, à l’entreprise et à la mobilité, qui implique tant la Région que les 19 communes. Les nouvelles compétences fiscales que va recevoir la Région ainsi que l’état des finances communales – j’y reviendrai – nous obligent à mettre à plat l’ensemble de la fiscalité tant locale que régionale. »

Et de conclure : « N’ayons peur ni de l’Etat fédéral, ni de la Flandre, ni de la Wallonie. N’ayons surtout pas peur de nous-mêmes. Il n’y a aucune raison : tout est entre nos mains pour construire une région florissante (…) l’identité bruxelloise est ouverte sur le monde, sur l’Europe et évidemment sur la Belgique. Le vivre ensemble doit être notre force. Je veux redire qu’identité ne signifie pas rupture ou repli. Nous devons (…) être ouverts comme jamais aux autres, solidaires et accueillants. Telle est l’identité bruxelloise que veut porter le Gouvernement que j’ai dorénavant la charge de mener à bon port. »