Secouer l’indifférence

ERIC DAVAUX

samedi 09 juillet 2011, 16:36

Secouer l’indifférence

Regroupés dans un coin de la place de l’Université, les Indignés néo-louvanistes ont structuré leur mouvement lors d’une assemblée populaire désormais hebdomadaire © Olivier Papegnies

Dix, vingt, puis une trentaine. C’est le nombre d’Indignés s’étant donné rendez-vous, vendredi en fin d’après-midi, sur la place de l’Université à Louvain-la-Neuve. Des jeunes mais aussi des moins jeunes et quelques plus âgés pour cette seconde assemblée populaire, une réunion bien dans l’esprit des mouvements participatifs qui ont façonné la cité il y a 40 ans.

Un jeune Ottintois de 21 ans, Johan Verhoeven, étudiant en sociologie, s’est chargé d’en animer son déroulement de manière très horizontale : « Nous voulons secouer l’indifférence dans le monde, mais aussi en Belgique et ici dans notre ville », tel est le message des Indignés relayant le vent soufflant sur l’Europe depuis plusieurs semaines. Initié en Espagne où il a déjà mobilisé plusieurs centaines de milliers de citoyens de tous bords, le mouvement a fait tache d’huile, notamment en Grèce.

Des manifestations pacifistes et des assemblées identiques ont déjà vu le jour dans plusieurs villes belges. À Ottignies-Louvain-la-Neuve, les Indignés, au nombre de soixante, ont posé leur déclaration d’existence le 1er juillet.

Cahier de doléances et site Internet

« Une démocratie plus participative et moins hypocrite est possible, estiment-ils. Que ce soit vis-à-vis du marasme de la vie politique chez nous, des problèmes de croissance ou encore du fait d’être entendu… Le citoyen doit retrouver la parole et se réapproprier les décisions. Trop de choses sont aujourd’hui imposées. On n’arrête pas de nous apprendre à démissionner de nos responsabilités. Nous voulons avancer par des actions consensuelles. Notamment en reconstruisant une économie comme un moyen et non une fin. »

Sur la place de l’Université, les Indignés ont cadré leurs actions. Ils veulent se faire connaître. Tisser une toile. Dire, bien haut, pourquoi ils se mobilisent. Ils vont faire circuler un cahier de doléances. Et, à travers un fonctionnement participatif et horizontal, établir des groupes de travail. Deux thématiques importantes ont été isolées : la démocratie participative et la situation internationale.

« Il est important de transmettre ce qui se passe dans les autres pays et d’échanger avec d’autres Indignés », clament les Néo-Louvanistes. Désormais, chaque vendredi en fin d’après-midi, une assemblée plénière de compte-rendu des différents groupes de travail aura lieu. Et un site Internet sera ouvert pour que chacun puisse poster des propositions (assembleeolln@gmail.com).

L’initiative émane d’un groupe représenté par un jeune quadragénaire de Bousval (Genappe) qui veut taire son nom. « Le groupe est plus important que les personnes. J’ai vécu cette initiative à Bruxelles. Louvain-la-Neuve est une ville symbole, un formidable microcosme avec des travailleurs, des étudiants, des habitants. Des tas d’initiatives peuvent naître. »

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