Deux recours contre l'éolien ?
GEOFFROY HERENS
mardi 12 juillet 2011, 09:10
Chastre. L'opposition au projet éolien d'Aspiravi est active. La commune votera sans doute un recours au Conseil d'Etat ce mardi soir. Des citoyens sont aussi décidés à user de cette voie.
La réunion publique du 15 septembre 2010 lavait bien illustré : de nombreux Chastrois sopposent fermement au projet éolien dAspiravi pour lequel la société a obtenu son permis © G H
Les éoliennes faisaient partie de notre programme électoral, c'est vrai. Nous étions à l'initiative de la venue d'un promoteur. Mais ce n'était pas pour nous retrouver avec un projet démesuré mettant à mal notre plateau chastrois Nous irons fort probablement au Conseil d'État. »
La prédiction de Claude Jossart, le bourgmestre MR de Chastre, date de la semaine passée. Et elle risque fort de se réaliser ce mardi soir. Le conseil communal se réunira avec, à l'ordre du jour, un recours au Conseil d'État contre la récente décision de la Région wallonne d'octroyer un permis pour huit turbines à la société Aspiravi. Un aval donné par Philippe Henry, le ministre Écolo de l'Aménagement du territoire.
Pour rappel, en amont, le collège n'avait pas approuvé le dossier présenté par le promoteur, et cela pour deux raisons : le schéma de structure interdit toute construction à cet endroit et le retour financier proposé par Aspiravi est « trop faible. » Il avait été suivi par les fonctionnaires délégué et technique de la Région. Sans parler de la grogne populaire qui avait constitué une pétition de plus de 800 signatures chastroises contre le projet.
Certains de ces habitants ont aussi l'intention de déposer un recours. « On va y aller, au Conseil d'État, assure Els Bakker, membre du noyau des opposants. Il faut juste voir et décider des modalités pratiques. »
Des critiques qui visent le permis délivré par le ministre, ces Chastrois en émettent plusieurs : le non-respect du schéma de structure ; le refus ministériel pour un autre projet situé le long de la N4 plus loin des maisons et pourtant approuvé par les fonctionnaires ; l'absence du très attendu cadre de référence ; le manque de compensations au profit des citoyens
« Plus globalement, notre mécontentement n'est pas neuf, rappelle Els Bakker en faisant référence à la constitution du groupe en 2007. Il tient à divers aspects comme la préservation du plateau et de ses paysages à garder pour nos enfants. Mais aussi au principe de précaution par rapport à l'effet stroboscopique ou au bruit des éoliennes dans un endroit exceptionnellement calme. »
Et de conclure : « La perte de valeur des habitations nous importe également. De même que le fait qu'il s'agit d'un projet non pas écologique mais financier où l'argent ira directement en Flandre sans rétrocession pour la Wallonie. »
