« L'esprit d'entreprendre est là »
JEAN-PHILIPPE DE VOGELAERE
mercredi 18 janvier 2012, 10:09
Province. Le Brabant wallon se porte "objectivement" mieux qu'ailleurs. Les entreprises ont su traverser la crise, qui n'est pas encore tout à fait terminée. La mobilité des travailleurs est l'enjeu pour 2012.
Jean-François Birchall vient de Marche-en-Famenne pour travailler à Nivelles Il saisit donc mieux à quel point lemploi est la seconde peau du Brabançon wallon © RENÉ BRENY
ENTRETIEN
Près de 380.000 personnes vivent sur les 1.090 km2 de la province du Brabant wallon, soit 11 % de la population wallonne totale. Parmi elles, près de 250.000 personnes ont entre 15 et 64 ans, c'est-à-dire qu'elles sont en âge de travailler. Toutes ne le font cependant pas, notamment à cause de l'obligation scolaire jusqu'à 18 ans, de la prépension ou des activités bénévoles.
Ainsi, plus de 170.000 Brabançons wallons sont actifs sur le marché du travail, dont environ 150.000 exercent effectivement un emploi, comme salarié, indépendant ou aidant. Pour les autres, c'est au Forem Brabant wallon d'intervenir. En 2011, ce sont 14.259 opportunités d'emploi qui auront été gérées depuis le centre de Nivelles. Entretien avec le directeur, Jean-François Birchall, 49 ans, qui fait tous les jours le déplacement depuis son domicile de Marche-en-Famenne.
Est-ce que l'emploi se porte mieux en BW qu'ailleurs ?
Objectivement, oui. Il réside ici un dynamisme économique qui a permis de contrer la crise vécue en 2007 et 2008 et qui permet d'être confiant pour l'avenir. Même si je dois avouer qu'on n'est pas encore sorti complètement des problèmes.
Qu'est-ce qui explique cette différence ?
Plusieurs facteurs. Il y a d'abord la présence de secteurs d'activités qui résistent mieux à la crise que d'autres. Je pense bien évidemment au secteur pharmaceutique qui doit toujours assurer la production, un peu comme pour les biens de consommation. Mais j'ajoute à cela des chefs d'entreprise qui voient au-delà de leur business, qui croient en la région dont ils sont issus et qui essaient de s'y inscrire durablement, au lieu de délocaliser.
La présence de Bruxelles joue-t-elle un rôle ?
Moteur ! Il ne faut pas se leurrer, c'est la présence de la capitale aux portes de la Jeune Province qui fait la force de l'emploi ici. On peut presque dire que sans Bruxelles, et les emplois salariés qu'on y trouve, le Brabant wallon ne serait rien. Ce qui fait aussi la richesse de cette province, où les gens dépensent leurs sous et paient leurs impôts
Et ce nombre important d'indépendants ?
C'est vraiment la caractéristique numéro un du Brabant wallon. Moi qui viens de Marche-en-Famenne, je peux vous dire que l'esprit d'entreprendre est bien là. Cela fait partie du tissu économique, comme une seconde peau. Les Brabançons wallons aiment être indépendants, créer leur job. C'est vraiment constitutif de leur épanouissement.
Reste le chômage
Paradoxalement, cela reste un défi majeur. Car on a pu se rendre compte lors de la dernière journée de l'emploi, à Louvain-la-Neuve, que les qualités des demandeurs d'emploi sont bien là. Les gens en veulent vraiment.
D'où vient alors le problème ?
La qualification d'une partie de la population, qui fait qu'il est encore difficile de trouver des candidats pour certains métiers. Le Forem wallon a identifié 47 professions, dont 37 en pénurie de main-d'uvre. En Brabant wallon, je pense aux métiers d'infirmier, de couvreur, de soudeur, d'électricien en bâtiment, de chef de chantier construction, de mécanicien ou encore de responsable logistique.
Mais vous accompagnez les demandeurs d'emploi
C'est notre mission. Mais les gens doivent désormais accepter un emploi distant jusqu'à 60 km de leur domicile, avec 4 heures de trajet au maximum par jour. Et aussi être libres pour appliquer leurs compétences dans un autre secteur que celui qu'ils visent. Comment appliquer cela concrètement ? Par exemple quand une infirmière ne souhaite pas travailler en maison de repos, alors que le secteur est en demande.
Ne faut-il pas aussi agir dans
le secteur de l'enseignement ?
C'est ce que l'on essaye au sein des instances de pilotage de l'enseignement qualifiant. Toutes les écoles, de tous réseaux, du Brabant wallon discutent aujourd'hui pour aider les jeunes de 12 ans à mieux faire leur choix, ouvrir ou soutenir des sections porteuses d'emploi et pour tempérer aussi celles qui sont prises d'assaut par les jeunes mais qui n'amènent plus la sécurité d'emploi.
