Braine-le-Château a échappé aux batailles

JEAN-PHILIPPE DE VOGELAERE

dimanche 29 janvier 2012, 12:58

Patrimoine. Un carnet pour de belles promenades.

Braine-le-Château a échappé aux batailles

Jean-Louis Van Belle, l’historien local, espère que lors d’une prochaine rénovation, on remettra la colonnette centrale et la toiture à la lanterne du pilori © RENÉ BRENY

Encore aujourd'hui, le monde politique brainois résiste aux assauts du monde extérieur. Pour comprendre cet état d'esprit, il faut se plonger dans le 85e Carnet du Patrimoine que vient d'éditer l'Institut du Patrimoine wallon sur Braine-le-Château (1). Au fil des pages, son auteur, Jean-Louis Van Belle, nous replonge dans un passé prestigieux qui permet de mieux comprendre le présent.

« Si Braine-le-Château a gardé tant de traces de son passé, c'est parce qu'elle a échappé aux batailles, nous explique l'historien local. De par sa géotopographie, à l'extrémité de la forêt de Soignes dont le bois de Hal est un des derniers éléments, Braine-le-Château s'est développée dans une vallée marécageuse aux flancs escarpés. Les cartes dressées par Ferraris en témoignent. Voilà qui empêchait la cavalerie de progresser, les chemins creux étant de véritables casse-pattes. Du coup, la mort a mêlé les sombres batailles dans les trois grandes plaines autour de Braine-le-Château que sont Seneffe en 1674, Steenkerque en 1692, et Waterloo en 1815. »

Au fil de l'eau

Tout cela fait que Braine-le-Château a su préserver son caractère, le mécanisme de la modernisation ne se déclenchant qu'en 1830-1840 avec l'aménagement des chaussées de Tubize et de Hal : « L'ancien chemin de fer a suivi en 1880, l'autoroute en 1970… Ce n'est pas pour rien que, par nostalgie, les habitants ont recréé l'ancienne ambiance avec le lancement des fêtes médiévales. »

Et Jean-Louis Van Belle d'entraîner le lecteur – et futur promeneur – à la découverte du patrimoine local, en rappelant d'abord que Braine-le-Château doit son nom à l'ancien château implanté sur les Monts vers l'an 1000 : « C'était l'époque où les seigneurs installaient leurs éléments de défense sur les lieux situés en hauteur. Ce n'est qu'au XIIIe siècle que l'eau devient, avec les douves, les marécages et la rivière, la triple défense brainoise dans la vallée. »

La figure emblématique de l'endroit reste évidemment Maximilien de Hornes, chambellan de Charles-Quint et riche Toisonnier qui, au début du XVIe siècle, donna, au château que l'on peut encore voir de la route, « cette forme de fer à cheval en faisant entrer le soleil par la démolition de l'aile Sud. »

C'est aussi de cette époque que date le célèbre pilori, « le seul en Belgique, si pas en Europe, de cette nature. J'espère qu'un jour, lors d'une prochaine rénovation, on remettra au niveau de sa lanterne la colonnette centrale, brisée dit-on dans la seconde moitié du XIXe siècle lors d'une kermesse trop arrosée, et sa toiture. »

Sans oublier encore « la dialectique de l'âme et de l'estomac », avec d'un côté l'église et, de l'autre, le moulin banal.

(1) 5 euros, au Syndicat d'initiative et dans les librairies locales. Renseignements au 081-23.07.03.

Vos réactions

Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir