l'acool oui, l'eau feriggigiinnnineuse, non.
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ERIC MEUWISSEN
mercredi 14 mai 2008, 08:46
Alexandre Dumont de Chassart et Stéphane Meulemans ont réalisé le rêve de leur vie. Photo René Breny
Une ferme en carré à vendre, une vaste grange et c'est le coup de foudre. En un instant, Alexandre Dumont de Chassart (38 ans), issu d'une célèbre lignée agro-industrielle qui fut au XIXe siècle parmi les plus puissantes du pays, se décide. Il achète la ferme, histoire d'y réaliser un jour avec son ami Stéphane Meulemans (39 ans) le rêve de sa vie. À savoir, mettre sur pied une microbrasserie. Nous sommes rue de la Féculerie à Jandrain-Jandrenouille (Orp-Jauche).
Alexandre Dumont de Chassart a toujours été passionné par le houblon. Son père, qui fut le dernier maître d'équipage de « Chassart Chassant », nous a raconté que depuis tout petit, Alexandre était passionné par la bière. De retour d'un voyage en Grande-Bretagne, il a ramené un kit de brasserie, histoire de faire de la bière dans une casserole. Tout comme son père, Alexandre va faire des études d'ingénieur civil. Le voilà employé par des sociétés financières. Mais sa passion pour la bière et le houblon perdure. Et quand Stéphane Meulemans, l'un de ses amis d'université, également ingénieur, l'invite à le rejoindre professionnellement dans une firme de houblon sise à Louvain- la- Neuve, il n'hésite pas.
Une fois la ferme acquise, nos deux compères partent à la recherche de tout le matériel pour monter une microbrasserie. Et bientôt, les voilà en train de ramener de Bourges (France) dans deux semi-remorques de quoi réaliser leur rêve. Les cuves d'ébullition, les cuivres, le groupe chaud, le système par infusion Il a fallu refaire tout le mécano. Il a fallu amener l'eau, l'électricité, le gaz Et bientôt, les duettistes brassent pour la première fois. En septembre 2007, la première bouteille sortait de la microbrasserie.
« Au début, on a eu des fermentations qui ne démarraient pas. Lors des premiers brassins, l'amertume était fort prononcée. On l'améliore à chaque fois. Mais toujours, on favorise les quatre ingrédients de base : l'eau, le malt, le houblon et le ferment. D'où le nom de la bière : la IV Saison. » Et d'ajouter : « Avec cette bière, pas question de faire de la surenchère. Pas question d'en faire une soupe d'épices. »
Mais ce n'est pas tout de produire. Encore faut-il vendre. « Ici on a eu un coup de pouce du dessinateur François Schuiten. Il a accepté de réaliser l'étiquette que l'on trouve désormais sur les bouteilles IV Saison (75 cl). »
Pour l'heure, la microbrasserie produit 500 bouteilles par brassins. Elle peut arriver à 1.000 hectolitres par an. Et même 1.500 hectolitres. Ce qui fait quand même 200.000 bouteilles de 75 cl. Alexandre et Stéphane entendent développer d'ici l'été une bière brune (à partir de malte caramélisé). Des Finlandais sont venus passer commande. L'objectif à terme des deux entrepreneurs est de vivre de leur production. « Si cela marche, dit Alexandre, je lâche tout, car brasser, c'est le plus beau métier du monde. Si on arrive à 300 hectolitres par an, on sera déjà très content. On aura alors un produit de niche. Ce qui nous intéresse, c'est l'aspect terroir. On est d'ailleurs situé juste derrière la ferme de la Dîme, spécialisée dans les pommes. Et puis, il y a aussi le boudin vert ici. Bref, cela va être un coin très gastro. J'ai dit gastro, pas gastro-entérite hein ! »
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