Anderlecht Des auteurs de 13 à 17 ans

Agression sexuelle dans le métro

MATHIEU,BENOIT

S ale temps pour la Stib. « Nous avons du grain à moudre, reconnaît son porte-parole, Jean-Pierre Alvin. Après l'histoire de racisme, cette agression. Ce type d'incidents est loin d'être régulier mais est révélateur du climat de notre société. »

Mercredi dernier, une Bruxelloise de 27 ans a évité le pire. Vers 21 h 25, après une séance de tennis, la jeune femme grimpe dans le métro à la station Erasme. Trois arrêts plus loin, à La Roue, le sport investit son wagon, sous la forme de 17 jeunes d'un club de football. Tous mineurs (de 13 à 17 printemps) et passablement excités, au vu de leurs agissements sur les quelque 350 mètres qui les séparent de Bizet, la station suivante. Une fenêtre cassée et une porte déboîtée.

Mais ils ne s'arrêtent pas là. Ils encerclent la jeune femme. La situation dégénère. Première étape, la provocation. « Les jeunes lui prennent sa raquette », indique Fanny Wellens, porte-parole de la zone de police Midi. Un autre pas est franchi, puisque la victime se fait gifler au visage à plusieurs reprises. L'agression prend ensuite une tournure sexuelle. « Certains se mettent à toucher la jeune femme, à lui prodiguer des caresses intimes, sur les fesses ou encore la poitrine. »

Moins d'une minute plus tard, le métro s'immobilise à Bizet. « Le hasard fait que deux équipes d'agents de sécurité se trouvaient sur le quai et attendaient de repartir vers le centre », poursuit Jean-Pierre Alvin. Soit neuf agents face auxquels les jeunes n'ont opposé aucune résistance.

Privés de sortie et de foot

Parmi eux, la victime désigne quatre de ses principaux agresseurs, ceux-là mêmes qui l'ont frappée et caressée. Âgés de 15 ans, ils sont entendus par la police, avant d'être mis à la disposition de la section jeunesse du parquet. Le juge de la jeunesse décide de les relaxer, sous conditions. Ils devront effectuer une prestation d'intérêt général de 30 heures. Pour un mois, il leur est interdit de sortir sans leurs parents, si ce n'est pour se rendre à l'école. Et plus question de fréquenter leur club de foot. « Bien sûr, l'enquête se poursuit, rappelle Fanny Wellens. Les peines ne seront prononcées qu'une fois le travail des enquêteurs bouclé. »

« Le pire a été évité, conclut-on à la Stib. Cela n'a pas duré une minute. » Mais que se serait-il passé sans la présence inopinée des agents ? « Il n'aurait fallu que quelques minutes pour qu'intervienne une équipe. Cette agression n'avait aucune chance de perdurer. C'est pour cette raison que les rames sont plus petites le soir : les voyageurs sont plus concentrés et le contrôle social plus effectif. »

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