Les premières révolutions de l'Olivier

OLIVIER MOUTON

jeudi 16 juillet 2009, 09:57

L'Olivier (PS, Ecolo et CDH) est définitivement en place dans les trois entités francophones. Les congrès de participation des trois partis ont dit un « oui » enthousiaste à son avènement. Rudy Demotte a été désigné ministre-président de la Région wallonne et de la Communauté française. Charles Picqué est ministre-président de la Région Bruxelles-Capitale.

Les premières révolutions de l'Olivier

Emily Hoyos (Ecolo), présidente du parlement wallon Belga

Ecolo jouait gros. Pas question, cette fois, de dilapider l'acquis des urnes. Il s'agit d'installer le parti dans la durée, d'engranger des réformes, de donner corps à cette alliance « emploi-environnement » transformée en fer de lance face à la double crise, économique et climatique. Pour relever le défi, place à la jeunesse. C'est tout le mouvement étudiant des années 1990 qui monte à bord aux côtés de la Bruxelloise Evelyne Huytebroeck. Jean-Marc Nollet, Philippe Henry et Emily Hoyos (qui remplace… José Happart !) ont été tous trois présidents de la Fédération des étudiants francophones. C'est un vrai signal de renouveau. Un pari sur l'avenir, aussi. La responsabilité la plus importante pèse sur les épaules de Nollet, qui devra concrétiser les acquis verts en matière de développement durable et de gouvernance.

Victoire écologiste, aussi, que le départ de Michel Daerden… au fédéral. Le recordman de voix de préférence des socialistes liégeois incarnait l'ancienne gouvernance wallonne. Loin de son expertise budgétaire, en guise de consolation, « Papa » rejoindra son nouvel ennemi Didier Reynders dans l'équipe Van Rompuy, évinçant dans la foulée Marie Arena, qui paye son échec dans le dossier asile au même titre qu'Annemie Turtelboom. Avec Demotte et Marcourt, le casting PS fait dans la sobriété, mais il contient son habituelle surprise du chef avec l'arrivée de la Namuroise Eliane Tillieux.

Quant aux humanistes, ils ont réussi la révolution souhaitée. Pour la première fois depuis… vingt ans, les humanistes auront la main sur cette compétence clé qu'est l'école (pour Marie-Dominque Simonet). Un bémol, toutefois : ce n'est pas la meilleure période pour en hériter, l'austérité risquant de limiter sérieusement la marge de manœuvre.

Le visage de l'Olivier est équilibré. Il rajeunit la politique. Avec son lot de révolutions coperniciennes. Le plus difficile reste à faire : asseoir sa crédibilité, modifier la manière de faire de la politique. En évitant les rivalités.

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