Michel - L'édito du Morgen
Yves Desmet
vendredi 17 juillet 2009, 07:30
Même s'il se contente volontiers d'approuver pour la forme que le niveau fédéral doit être maintenu à tout prix, sinon renforcé, il semble quand même que le niveau régional vienne au premier rang dans l'ordre des valeurs d'Elio Di Rupo. On ne peut pas expliquer autrement pourquoi Michel Daerden est précisément propulsé dans le gouvernement d'Herman Van Rompuy.
C'est arrivé exclusivement parce qu'Ecolo et le CDH ont posé un veto absolu et d'ailleurs tout à fait justifié contre l'homme, qui incarne encore tous les éléments néfastes d'une culture de gestion du PS qui n'est pas encore en voie d'extinction. Daerden est toujours à la limite, nominations, clientélisme, petites amitiés politiques et surtout une prise démesurée de tout liquide avec un notable taux d'alcoolémie. Avec ses frasques, il a pu devenir le clown le plus populaire de Wallonie ( ).
Qu'il ait été rejeté de la coalition au sein de laquelle Ecolo, surtout, voulait faire une rupture avec la culture préhistorique du PS, ce n'est que normal et cela mérite même des applaudissements.
Mais ce n'est quand même pas une raison pour imposer à 10 millions de Belges une figure qui n'était pas en état de cogérer environ 4 millions de Wallons. Certainement pas dans un département comme celui des Pensions, qui sera l'un des enjeux de société les plus importants de ces prochaines années, avec des implications budgétaires dont même les bêtes de la rue de Loi ne savent pas bien comment ils pourront être résolus. Et c'est précisément là que le PS place l'oncle bourré de la famille. En raison de ses nombreuses voix de préférence.
On épargne peu de choses à Herman Van Rompuy ces derniers jours. Il reçoit Yves Leterme aux Affaires étrangères, qui n'est pas précisément son meilleur ami. Les entités fédérées lui ont clairement fait comprendre qu'il devra voir comment mettre le budget fédéral en ordre, parce qu'elles veulent de cette manière essayer d'imposer financièrement une réforme de l'Etat. Et dans ce fédéralisme de tensions croissantes, il peut désormais compter également sur la présence inspiratrice de Michel Daerden au sein du Conseil des ministres.
Herman Van Rompuy reconnaît parfois qu'il a quelque chose de bouddhiste en lui. Il aura effectivement besoin d'une grande dose de zen attitude pour ne pas fuir en hurlant de la rue de la Loi.
»
