L'opposition MR n'est pas biodégradable
FRANCIS DUBOIS
samedi 18 juillet 2009, 12:37
A peine installée, l'équipe de Charles (Picqué) IV a dû subir les premiers feux de la critique. Entre la prestation de serment jeudi et un vote qui ne réservera aucune surprise ce samedi après-midi, la journée de vendredi était consacrée à la discussion autour de la déclaration du gouvernement.
Belga
Un débat qui aura d'abord permis de mesurer des sensibilités marquées entre partenaires de la majorité. Exemples.
Le métro ? Il n'est pas prioritaire pour l'Ecolo Yaron Pesztat, mais la VLD Els Ampe estime que l'étude sur l'extension de l'axe nord-sud doit déboucher sur du concret. Le bail a durée déterminée de 9 ans dans le logement social ? Il est accueilli d'un très bon il par le CDH André du Bus, avec circonspection par le socialiste Rudi Vervoort. Le contrat de projet professionnel obligatoire pour les jeunes de moins de 25 ans ? Un clivage gauche-droite se fait jour entre l'enthousiasme du CDH, du VLD et du CD&V et la prudence mesurée de l'axe PS-Ecolo.
Blackboulé dans l'opposition, le SP.A se lâche par la voix d'Elke Roex, qui dénonce l'accumulation de plans plutôt que de décisions concrètes, un catalogue de promesses vagues et la subordination de plusieurs projets, comme la liaison métro nord-sud à un financement fédéral.
Mais c'est surtout le MR qui était attendu à la tribune. Le chef de groupe Didier Gosuin a le premier pris la parole pour rappeler que son parti était redevenu la première force politique à Bruxelles et pour annoncer une « opposition juste mais combative ».
Après les formules de politesse, le tribun FDF a dénoncé avec virulence l'accord de majorité comme un « catalogue sans les prix. Au moment de présenter au parlement le projet de législature, aucune référence, même lointaine, aux moyens budgétaires. Alors soit ces estimations budgétaires existent - ce que je crois - et c'est un manque total de transparence de ne pas les communiquer au parlement. Soit elles n'existent pas et c'est un grave problème de gouvernance ».
Le ton est donné. Et la pique est aussitôt lancée : « Le MR réclame un audit budgétaire de la Région, à l'instar de ce qu'à réclamé Ecolo en Wallonie et en Communauté française ».
Le chef de file réformateur se demande quelle politique l'Olivier pourrait mener s'il devait la faire reposer sur ses ressources propres : « Réécrivez votre déclaration selon ce principe et je pense qu'on passera de 82 à maximum 40 pages ».
S'ensuit une critique détaillée des différents chapitres de la déclaration de gouvernement : manque d'ambition, accumulation de plans (« la lasagne bruxelloise devient indigeste ») dont la plupart débordent largement les cinq ans de la législature. Après avoir raillé l'abus du vocable « durable » dans le texte de la majorité, Didier Gosuin s'attarde sur la répartition des compétences au sein de la nouvelle équipe. Il y pointe « trois erreurs fondamentales » : la formation est scindée en deux et reste dissociée de la politique de l'emploi, l'important secteur du tourisme n'est pas confié au ministre de l'Economie et la politique de la mobilité est répartie entre deux ministres.
Sur ce sujet, le chef de groupe adjoint Vincent De Wolf laissera s'exprimer sa verve : « Nous aurons un ministre pour la roue avant, et un autre pour la roue arrière et le dérailleur ».
