Mobilité Un fléau pour les cyclistes Faire dérailler le vol de vélos

DIDIER HAINE

mardi 27 septembre 2011, 10:20

Bruxelles. Le vol de vélos décourage nombre de cyclistes au quotidien. Un plan de lutte contre cette problématique est annoncé pour 2012 en Région bruxelloise. D'ici à la fin du mois d'octobre, le Parlement devrait adopter une résolution pour appuyer le projet.

Mobilité Un fléau pour les cyclistes Faire dérailler le vol de vélos

Même la pose d’un solide cadenas ne vous garantit pas de retrouver votre bicyclette en parfait état de marche © belga

Pluie, pollution, trafic automobile ou manque de pistes cyclables sécurisées, il n'en faut souvent pas plus pour décourager le cycliste de s'aventurer sur les artères bruxelloises. Et si, en plus, on rajoute le vol de vélo à tire-larigot…

En Région Bruxelloise, 2.421 vols de bicyclettes ont été signalés aux services de police en 2010. On s'en sortirait donc plutôt bien puisqu'on dénombre un total de 36.458 faits similaires en Belgique sur l'année.

« Mais d'après la police fédérale, seuls 24 % des vols de vélo sont déclarés dans la Région de Bruxelles-Capitale, contextualisent les parlementaires bruxelloises, Danielle Caron (CDH) et Annemie Maes (Groen). Cela signifie que le nombre total des vols de vélos enregistrés par les services de police doit être multiplié par 4 pour avoir une vue plus réaliste. On peut donc estimer que ce sont près de 10.000 vélos qui ont été volés, soit près de 26 par jour ! » Si l'on compte qu'il y a à peu près six mille cyclistes qui bravent l'asphalte bruxellois au quotidien, chacun d'entre eux aurait donc bel et bien une grande probabilité de se faire, un jour ou l'autre, souffler sa monture.

Un fléau qui a conduit des capitales européennes comme Londres, où environ 100.000 vélos sont dérobés chaque année, à élaborer un plan de lutte contre ce phénomène.

Parmi les actions entreprises : la création d'une brigade de police antivol, des descentes contre la vente de vélos revendus illégalement sur le marché de l'occasion et sur internet, l'élaboration d'un code de déontologique pour les magasins de vélos et la centralisation du dépôt où l'on recueille les vélos (re)trouvés… Le résultat est plutôt édifiant puisque l'on a constaté une diminution de plus d'un quart du nombre de vols.

Pas encore de banque de données centralisées…

« En 2009, sur le total des vélos volés, seuls 5 auteurs ont été identifiés et interpellés. Alors qu'il semblerait que 40% des vélos volés soient retrouvés », précisent les parlementaires. De nombreux vélos sont en effet « empruntés » pour une virée avant d'être abandonnés.

Mais les restituer une fois qu'on les a retrouvés n'est pas une mince affaire en l'absence, d'une part, de réelle centralisation du stockage de ces vélos et, d'autre part, de banques de données relatives à leurs signalements.

Retrouver son bien via le web

« Un vélo gravé est facilement restitué à son propriétaire grâce au numéro de registre national se trouvant sur le cadre. Lorsque celui-ci est dépourvu d'une telle identification, il n'existe pas de site web recensant les vélos trouvés à Bruxelles à l'instar de ce qui se fait dans les provinces d'Anvers et de Limbourg », insistent les parlementaires bruxelloises. Ces provinces ont réalisé une base de données de tous les vélos trouvés avec les spécificités telles que le numéro de châssis, le registre national, la marque, la couleur ou encore le type de guidon… Début 2011, quelque 22.728 vélos y étaient encodés. »

Un plan de lutte contre la problématique est annoncé pour 2012. Après concertation avec des commissaires de police et les associations de promotion du vélo, Danielle Caron (CDH) et Annemie Maes (Groen !), vont soumettre dès la rentrée parlementaire, dans le courant du mois d'octobre, une proposition de résolution pour maintenir la pression sur le gouvernement.

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