Les stations Villo cibles des anti-pub

OPHELIE DELAROUZEE

lundi 09 janvier 2012, 17:14

En décembre, les actions anti-pub à Bruxelles ont été dirigées contre JC Decaux qui colore la ville de publicités depuis 2010 avec Villo. Jérôme Blanchevoye, directeur général délégué de JC Decaux, confirme que des plaintes ont été déposées pour des actes de vandalisme ponctuels.

estime Jérôme Blanchevoye. Ces jeunes militants affirment ne pas connaître tous les groupes d'affinité qui font de l'anti-pub car l'initiative peut venir de tout un chacun. Leurs méthodes sont variées : détourner, enlever, recouvrir, taguer, casser… : « On se passe les clés des panneaux, confie l'un d'eux. On est conscient que ce n'est pas avec un marteau, en tapant sur la pub, que l'on va mettre le capitalisme à terre mais ils nous matraquent de pubs, alors on les matraque en retour. C'est un point d'entrée visible pour questionner les gens sur le système. »

Anti-capitalistes contre la surconsommation, les militants aimeraient des espaces d'expression libres et que la promotion culturelle, collée sur des murs non éclairés, s'affiche plus en avant : « C'est une colonisation de l'imaginaire qui influence nos manières de penser sans déontologie. Il n'y a qu'à voir ce qu'ils font de l'image de la femme : des ménagères et des objets sexuels irréels. La pub est loin des avancées féministes des années 70. » La publicité d'accueil du site web de JC Decaux marque ce qui les oppose : une femme nue dont le visage est masqué par une canette de Coca-Cola.

Même si la consommation bat son plein en janvier, les soldes ne devraient pas être ciblés car les activistes leur préfèrent Noël et la Saint-Valentin. « La pub s'approprie les moments de convivialité pour en faire des moments de consommation, décrie un militant. La Saint-Valentin est une fête d'origine commerciale et Coca-Cola a dessiné notre père Noël. En décembre, on a aussi posé des affiches “JC Decaux s'excuse” car Villo multiplie les pubs dans la ville. Les cyclistes sont transformés en hommes-sandwichs et, aux arrêts Villo, ils mettent des pubs de voitures. Bruxelles s'est prostituée pour la pub et l'espace public a été privatisé. »

À ce dernier point, Jérôme Blanchevoye répond que « si la collectivité devait financer Villo, cela coûterait 8 à 10 millions d'euros par an, sans compter que les pubs Villo rapportent des gains substantiels à la Ville. »

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