U-Place : un "obstacle grave" pour la sécurité aérienne
DIRK VANOVERBEKE
jeudi 16 février 2012, 10:37
La Direction générale du Transport aérien (DGTA) juge que la hauteur de la tour prévue dans les plans des promoteurs de Uplace pose un sérieux problème. Avec 94 mètres de haut, la tour poserait de "sérieux problèmes"
Uplace, le projet de mégacentre commercial de Vilvorde, a été criblé de critiques, ce mardi : la facture ne cesse de salourdir pour le contribuable flamand et sa tour gêne le trafic aérien (©DR)
Uplace est, avec Neo, sur le plateau du Heysel, et Just under The Sky (au pont Van Praet), l'un des trois mégacentres commerciaux qui rêvent de s'implanter au Nord de Bruxelles. Implanté à Vilvorde, sous le viaduc, c'est le seul projet flamand en lice. C'est aussi celui qui est le plus avancé. D'une superficie de 190.000 m2, il proposera, dès son ouverture programmée en 2015, des magasins (55.000 m2), des bureaux (40.000 m2), des espaces de loisir, un cinéma, des studios de télévision et un parc d'attractions. Le gouvernement flamand a déjà accordé le permis de bâtir. Il lui reste à délivrer (à la mi-mars) le permis d'environnement. Ce nouveau concept commercial a ses détracteurs : les communes de Grimbergen, Louvain et Vilvorde ont introduit un recours au Conseil d'Etat ; l'union des classes moyennes flamande (Unizo), la province du Brabant flamand et toutes les associations environnementales s'opposent à un projet qui générera 4 kilomètres de bouchons supplémentaires par jour et risque, selon eux, de porter un coup très rude aux petits commerçants locaux.
94 mètres de haut : "Sérieux problème"
La Direction générale du Transport aérien (DGTA) juge que la hauteur de la tour prévue dans les plans des promoteurs de Uplace pose un sérieux problème. Le secrétaire d'Etat à la Mobilité Melchior Wathelet a écrit au ministre flamand Philippe Muyters (N-VA) qui a accordé le permis de bâtir à Uplace pour l'interroger sur les raisons pour lesquelles il n'a pas demandé l'avis pourtant obligatoire de la DGTA. « Inadmissible », selon Wathelet.
La hauteur de la tour met en péril l'équilibre périlleux des routes aériennes, en contraignant une partie du trafic à se reporter sur Bruxelles.
Second problème : la tour constitue un obstacle pour certains équipements de guidage électronique, en faussant les faisceaux et les ondes sur certaines pistes d'atterrissage.
Mauvaise nouvelle pour les partisans de ce centre commercial, qui serait le plus grand du Benelux.
Groen, qui vient de lancer une pétition sur Internet contre le projet, critique aussi le coût que devra supporter la Flandre. Hermes Sanctorum, député vert, a interpellé mardi, en commission, le ministre-président Kris Peeters sur l'impact financier de UPlace sur les finances flamandes.
Le député a présenté un document de la Cour des comptes recensant les frais supportés par la Flandre.
Les travaux d'infrastructure pèsent le plus lourd (près de 200 millions d'euros à charge du budget flamand) : création de ronds-points, d'entrée et de sortie du ring pour permettre l'accès au centre , travaux d'assainissement des sols (1,7 million), financement d'un centre de management pour renforcer le centre commercial (220.000 euros), création de lignes de bus vers Uplace depuis Vilvorde et Zaventem : (2,55 millions d'euros par an à partir de 2015). Au total, et en tenant compte de la participation financière de Uplace, le coût de l'opération pour le Trésor flamand s'élève à 190 millions. Au bas mot.
Kris Peeters a concédé que les coûts avaient été sous-estimés. Hermes Sanctorum s'interroge : « Alors que le gouvernement flamand cherche à débusquer 500 millions dans le cadre de son prochain réajustement budgétaire, est-il censé de dépenser une telle somme pour un projet aussi contesté ? »
