Marconi est presque sur les rails
DIDIER HAINE
lundi 20 février 2012, 08:58
Drogenbos. Recours rejetés par Evelyne Huytebroeck. Le nouveau dépôt de trams de la Stib finira-t-il par atterrir un jour?
Evelyne Huytebroeck a refusé le recours Sous conditions © B
Marconi est presque sur les rails, c'est la Stib qui sera contente de l'apprendre. Les recours introduits contre le permis d'environnement délivré à la Stib pour la construction de son nouveau dépôt de trams Marconi sur la chaussée de Ruisbroeck, viennent d'être rejetés par la ministre bruxelloise de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo).
Quelles sont les motivations de la décision de la ministre ? Après que le Collège d'Environnement a jugé « irrecevables » les recours des riverains, le dossier est arrivé sur son bureau. Une séance d'audition en présence des parties concernées s'est tenue à son cabinet le 10 février. Et le 16 février, la ministre a donc tranché, après concertation avec Brigitte Grouwels, ministre bruxelloise des travaux publics (CD&V). « Je refuse le recours des riverains, explique Evelyne Huytebroeck. Le Collège d'Environnement les a repoussés et c'est difficile d'aller contre cet avis. J'ai néanmoins tenu à mettre des conditions bien précises et cela n'a pas été une mince affaire » Quelles conditions ? « Proposer des solutions pour rendre prioritaire le passage du tram 82 au carrefour Neerstalle-Stalle ; continuer la concertation avec les autorités flamandes pour décourager le trafic de transit provenant du Ring et empruntant la chaussée de Ruisbroeck vers le centre-ville et de le reporter vers le boulevard de l'Humanité ; améliorer l'offre en transport public, en journée, entre le bas de Forest et le centre-ville » dans le cadre de la négociation du prochain contrat de gestion de la Stib ; « permettre que les trams qui se rendent ou qui
quittent le dépôt puissent embarquer des passagers ; et enfin améliorer les problèmes de vibrations causées par le passage des trams dans la chaussée de Neerstalle. »
Qu'est-ce qui a motivé l'octroi dudit permis d'environnement ? Sur le plan environnemental, « ce permis est le résultat d'une deuxième demande de permis contenant des modifications significatives suite aux remarques des riverains lors de l'enquête publique. » Evacuées, donc, les nuisances sonores et vibratoires ? Cette nouvelle mouture impose « une série de restrictions complémentaires en vue de diminuer l'impact sonore et vibratoire. » Au rayon des améliorations prévues : une vitesse des trams limitée « à 20 km/h au carrefour Ruisbroeck/Neerstalle, à 10 km/h le long de la chaussée de Ruisbroeck et à 20 km/h le long de la promenade verte », mais aussi la construction d'« un mur antibruit de 125 mètres du côté des habitations de Drogenbos ».
Une affaire qui dure
Rétroactes. La Stib introduit sa demande de permis d'environnement le 24 septembre 2010. Après enquête publique, une commission de concertation permet d'accorder le permis, « sous conditions ». La Stib formule donc une nouvelle demande de permis tenant compte de ces conditions et obtient ledit permis le 16 juin 2011. Le permis d'urbanisme suit alors très vite, soit le 8 juillet 2011. Dans la foulée, des recours sont alors introduits auprès du Collège d'Environnement par des riverains et, notamment, la commune de Drogenbos. Rien n'y fait, le 19 septembre 2011, le Collège d'Environnement déclare ces recours « recevables d'un point de vue administratif uniquement ! et non fondés. »
Six recours des riverains et de la commune de Drogenbos sont introduits en octobre 2011 contre cette décision auprès du gouvernement bruxellois.
Et de nouveaux recours pourraient se déclarer auprès du Conseil d'Etat.
