
GUY VERSTRAETEN
samedi 24 mai 2008, 22:24
Le bourgmestre d'Anderlecht Gaëtan Van Goidsenhoven a pris une ordonnance interdisant les rassemblements de plus de 5 personnes sur le territoire de la commune, où ont eu lieu d'importantes échauffourées vendredi soir, a indiqué la police locale ce samedi en fin d'après-midi.
La situation était calme et aucun élément ne semblait indiquer qu'il fallait s'attendre à d'autres échauffourées samedi soir. Un dispositif de vigilance accru a toutefois été mis en place dès l'après-midi dans la commune, prévoyant une surveillance et une présence des policiers, l'interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes et un travail des équipes de prévention invitant les jeunes au calme.
(D'après Belga)
Cent nonante trois personnes ont été arrêtées administrativement vendredi soir au cours des échauffourées qui ont eu lieu dans la commune bruxelloise d'Anderlecht. Aucune n'a fait l'objet d'une arrestation judiciaire, a précisé samedi le parquet de Bruxelles. La police de la zone Bruxelles-Midi avançait, dans la matinée, l'arrestation de 114 personnes, dont sept judiciaires.
"Il n'y a pas suffisamment d'éléments concrets pour procéder à des arrestations judiciaires", a indiqué Isabelle Soenen, substitut du procureur du roi de Bruxelles. "Sur base des images enregistrées par les caméras de surveillance, il sera décidé par la suite si des mises à disposition doivent intervenir", a-t-elle poursuivi, ajoutant qu'il serait alors plus évident de savoir qui doit être renvoyé devant un tribunal ou un juge de la jeunesse. L'enquête se poursuit, a encore dit la magistrate, ajoutant que des photos des personnes arrêtées vendredi soir avaient été prises.
Il est 21h30. La rue Wayez, à Anderlecht, est jonchée de vêtements encore flanqués de leurs cintres. On marche sur des bris de vitres, sur des pavés déchaussés. Les affrontements tant redoutés entre hooligans du Sporting d'Anderlecht et jeunes d'origine immigrée n'ont pas eu lieu à Anderlecht, en Région bruxelloise : mais la police, les infrastructures publiques, les magasins, voitures, vitrines ont subi les foudres des pseudo-supporters d'un côté, des jeunes casseurs de l'autre.
Tout avait commencé dimanche par une rixe entre supporters éméchés et jeunes à Saint-Guidon. La rumeur (et on pouvait entendre cette version dans la bouche haineuse des supporters, massés à la place de Linde), quant à elle, prétend que les bagarres de dimanche font suite au viol, durant la nuit de samedi, d'une jeune fille par quatre garçons, aux alentours de Saint-Guidon.
Depuis mercredi, la présence policière dans le quartier de Saint-Guidon a été renforcée. Des bruits relayant l'éventualité d'expéditions punitives d'un côté comme de l'autre, renforcés par les appels à la violence tenus dans un blog (qui invitait les jeunes d'origine immigrée à aller punir les « Flamants », assimilés à des « Skinets »), ont poussé la commune à amasser les forces de l'ordre aux alentours du quartier Saint-Guidon.
Sur ce même blog, un appel était lancé aux jeunes pour qu'ils se réunissent ce vendredi soir. Et les groupes étaient au rendez-vous.
A la place de Linde d'abord. Séparée par une seule rue de la place Saint-Guidon, la place de Linde était bondée à 18 heures : une grosse centaine de hooligans anderlechtois, bières à la main, semblaient prêts à en découdre. Des éducateurs avaient de leur côté été réquisitionnés pour disperser les groupes formés de l'autre côté, à Saint-Guidon. Cela n'a pas suffi. Vers 19 heures, une centaine de jeunes débarque à Saint-Guidon, certains armés de planches de bois. Une arme blanche aurait même été découverte. La police s'est interposée, repoussant les jeunes vers la place de la Vaillance, où plusieurs voitures, banques, tavernes et commerces ont été saccagés.
« Le problème, c'est qu'il y a deux fronts » », résumait parfaitement le bourgmestre d'Anderlecht, Gaëtan Van Goidsenhoven (MR). De fait, de l'autre côté de la rue de la Procession, place de Linde, les hooligans d'Anderlecht ont décidé d'en découdre eux aussi, vers 20 heures. La place de Linde s'en souvient encore : les pavés ont sifflé dans tous les sens, les autopompes ont fonctionné à pleine mesure.
On a vu des choses, ce vendredi, qu'on aurait aimé ne pas voir : des jeunes d'origine marocaine qui osent s'aventurer, peut-être pour provoquer, du côté de la place de Linde et des hooligans, et qui se font pourchasser par des « supporters » enragés, criant leur racisme comme une fierté. De l'autre côté, des saccages commis par des gamins, des adolescents.
"Le calme est revenu vers minuit, mis à part quelques cas isolés. Les supporters d'Anderlecht ont continué à provoquer les policiers sur la place De Linde, mais il n'y a pas eu de confrontation importante", a précisé la porte-parole de la police.
Les services d'ordre resteront vigilants samedi soir et les policiers seront présents en nombre autour du stade et de la place de la Vaillance. "Il n'y a pas de raison de croire qu'il y aura encore des échauffourées, mais nous devons quand même nous tenir prêts pour éviter une confrontation entre les deux bandes rivales", conclut Mme Wellens.
Le décompte des blessés, chez les émeutiers, semble plus compliqué à établir. Mais il ressort aussi que deux jeunes d'origine immigrée ont été blessés plus tôt dans la journée et sont hospitalisés. Triste soirée.
| Heure de la dépêche | Titre de la dépêche |
|---|---|
| 22:23 | Eurochallenge : Anvers battu par Roanne |
| 22:20 | Eurochallenge : Liège battu par Belgrade |
| 22:18 | Nigeria : le vice-président accepte de présider par intérim |
| 22:17 | Les Spirous ont assuré face aux Gantois |
| 21:59 | Foot amical : les moins de 17 ans belges partagent 1-1 avec la Géorgie |