Pas de quartier pour les pauvres

FABRICE VOOGT

jeudi 28 mai 2009, 14:35

Vingt ans, c'est l'âge de la Région bruxelloise, mais c'est aussi le temps que dure l'opération « revitalisation » du quartier de la gare du Midi.

Pas de quartier pour les pauvres

Gwenaël Breës dénonce le « nettoyage social » du quartier. © Marton.

ENTRETIEN

Un projet qui, selon le journaliste Gwenaël Breës, ressemble, sous certains aspects, à un pitoyable remake du quartier Nord, en plus petit. Lui-même habitant du quartier durant plusieurs années, il nous livre, à travers son ouvrage Bruxelles-Midi, l'urbanisme du sacrifice et des bouts de ficelle, une critique acerbe de la manière dont les pouvoirs publics ont orchestré « l'un des plus grands fiascos urbanistiques de ces vingt dernières années », menant « une guerre d'usure contre les habitants ».

Ce n'est pas un hasard, ce livre juste avant les Régionales ?

Il est surtout lié aux 20 ans de la Région bruxelloise. L'histoire racontée dans ce livre commence en 1989 et la création de la Région, à ce moment-là, y joue un rôle prépondérant. Il est important de garder une mémoire de ce qui s'est passé et ne pas laisser nos politiques pavoiser quand, dans les mois prochains, ils inaugureront un hôtel ou des bureaux, sans rappeler la catastrophe sociale que cela a généré, souvent dans l'indifférence des médias.

Ce mutisme ou cette indifférence s'explique-t-elle aussi par le manque de relais dont auraient pu bénéficier ces habitants ?

Oui. On s'est attaqué à une population fragile, en grande partie une population immigrée, qui éprouve des difficultés à connaître ses droits et à les faire valoir. On n'aurait pas osé mettre le même type de dispositif en place à Uccle ou à Watermael-Boitsfort.

C'est un travail de mémoire mais aussi un livre politique ?

J'aborde aussi les questions juridiques, comme le nœud du problème dans ce dossier, à savoir la loi, inique, de 1962 sur les expropriations d'utilité publique et d'extrême urgence. Elle suspend des droits constitutionnels et est tellement peu réglementée qu'elle autorise toutes les dérives.

Vous évoquez un coup de poker des autorités publiques.

Elles ont voulu mener un projet, sans en avoir les moyens, en spéculant que l'arrivée du TGV allait aiguiser l'appétit des promoteurs, générer de la plus-value et puis des charges d'urbanisme. La Région a privatisé le développement urbanistique du quartier en le confiant à une société anonyme, la SA Bruxelles-Midi, sans la doter de moyens pour le réaliser.

L'intention de Picqué était de lutter contre « la contagion de la pauvreté ». Vous y voyez une entreprise de stigmatisation.

Pour quelqu'un qui se dit de gauche et selon qui le progrès social doit bénéficier à tous

,

lutter contre la pauvreté, ce n'est pas détruire les maisons des pauvres et les chasser du quartier mais se battre pour qu'ils soient moins pauvres. Sauf à considérer, quand il parle de “contagion”, que les immigrés sont des gens qui produisent saleté et pourrissement du tissu urbain. Mais quand cette histoire a démarré, les étrangers n'avaient pas le droit de vote…

Sa politique censée mettre l'individu au centre des préoccupations serait une mystification ?

Oui. Charles Picqué et son entourage veulent être les maîtres de la dialectique et n'assument pas leurs responsabilités. Ils définissent ce qui est bon ou mauvais, qui est un spéculateur et qui ne l'est pas, qui est légitime ou pas.

Votre livre évoque un cumul malsain…

A qui vont bénéficier les rentrées financières (charges d'urbanisme, taxes bureaux…) ? À la commune de Saint-Gilles. Dès le départ, c'est une opération communale, qui est menée, à la Région, par le bourgmestre empêché de la commune. Ce n'est pas une opération d'intérêt régional. Il y a déjà, alors, surabondance de bureaux sur le territoire de la Région. Si on réfléchit au niveau régional, il n'y a pas de raison de détruire du logement pour construire du bureau pour accueillir des entreprises déjà sur le territoire de la Région. La confusion des pouvoirs est au cœur de cette histoire.

Vous évoquez aussi une étrange connivence avec certains promoteurs, comme Jean Thomas.

C'est étonnant : Jean Thomas est alors dans le consortium de promoteurs avec lequel Charles Picqué se dispute. Mais, à côté de la zone d'expropriation, le même Jean Thomas mène un projet, tout seul, et s'empare de 45 maisons en 7 ans sur un îlot d'habitat. La commune et la Région vont le récompenser en transformant l'affectation de l'îlot. Dans ce PPAS, le Fonsny II, dit de protection de l'habitat, on prévoit un îlot pour du bureau en disant qu'il va permettre de « protéger le reste de la zone du bureau « . C'est d'autant plus troublant que, à l'époque, le financement de partis est encore légal et que Jean Thomas ne cache pas ses sympathies pour le PS – il a d'ailleurs figuré sur les listes. Certains, au parlement et à la commune de Saint-Gilles, ont parlé de délit d'initié.

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[15] Miroslaw envoyer un message personnel dit le 12/06/2009, 00:30

url des "bonnes pages"
http://www.quartier-midi.be/bonnes-pages

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[14] Miroslaw envoyer un message personnel dit le 11/06/2009, 22:52

bonnes pages
Les bonnes pages du bouquin de Gwenaël Brees.

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[13] sauvonsbruxelles envoyer un message personnel dit le 2/06/2009, 15:36

sauvons bruxellesi
Un hôtel sur le chancre Maus DH (24/03/2009)Le chancre a été racheté par Jean Thomas. Du logement y sera également érigéBRUXELLES L'ancestral chancre de la rue Henri Maus, le long de la Bourse -, sera transformé en hôtel. "Y figurera également du logement" , détaille l'échevin bruxellois en charge de l'Urbanisme, Christian Ceux (CDH), sans pouvoir déjà en préciser le nombre exact. Cet îlot a finalement été racheté par le promoteur immobilier Jean Thomas (ancien boss de la Compagnie immobilière de Belgique). Ce proche du PS - il figurait sur les listes socialistes aux dernières élections communales - y érigera un hôtel. La ville a marqué son accord moyennant la construction de quelques logements. Les deux parties semblent être tombées d'accord sur le principe. Comme au quartier du Midi, de nombreuse démolitions en vue...Sauvons Bruxelles.

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[12] sauvonsbruxelles envoyer un message personnel dit le 2/06/2009, 15:32

sauvonsbruxelles
Jean Thomas, Milliardaire, franc-maçon et socialiste Dans son édition du 26 avril 2007, le magazine économique Trends trace le portrait de Jean Thomas, patron d'Immobel, qui a été inculpé dans une affaire relative au marché des logements de l'ancien hôpital militaire d'Ixelles.

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[11] cedced envoyer un message personnel dit le 30/05/2009, 15:47

[11] Alain Bruxelles
sur le principe je suis bien d'accord, mais on ne peut pas faire ça à toutes les gares. Luxembourg, Schuman, Central, Nord ... desservent déjà d'importants quartiers de bureaux. Prenons le quartier nord justement. Quitte à ce qu'il ait été détruit pour faire un pôle de bureaux, autant assumer à fond et ne pas hésiter à densifier, avec de très hautes tours, davantage encore que ce qui est fait, et concentrer ainsi l'emploi et préserver la ville par ailleurs.

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[10] Alain Bruxelles envoyer un message personnel dit le 30/05/2009, 09:18

@ cedced
La gare n'est pas uniquement TGV, et il est plus logique d'installer les bureaux près des gares. Il est avéré que le pourcentage du personnel utilisant les transports en commun est nettement plus élevé pour les entreprises établies près des gares qu'en décentralisé comme Woluwe. Si on veut éviter que la ville étouffe, c'est bien ce qu'il faut faire. Par contre dans ce dossier c'est la manière utilisée qui est scandaleuse et doit être condamnée vigoureusement

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[9] greentree envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 15:39

Amitiés
On sait que J. Thomas est un ami de Picqué mais est-ce politiquement incorrect de le dire ? cela n'expliquerait-il pas les dérives du dossier ?

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[8] spartacus@ envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 15:22


ANTITOUX @@@ laisser ce chancre a ciel a ouvert etait irresponsable.je ne comprend pas pourquoi certain defendent l utilite des taudis et de chancres en ville.

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[7] cedced envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 13:54


la logique "le TGV arrive, il faut faire un quartier d'affaires" me semble très contestable. Si on regarde l'implantation des principaux quartiers d'affaires des grandes villes européennes et la gare TGV, il n'y a pas forcement proximité immédiate. Je crois plutôt qu'on a agit par méconnaissance de la ville en se disant "le quartier est pauvre, seul le bureau mérite d'être construit en ville, le logement, c'est à la campagne, on va donc détruire et faire du bureau". Logique Picquet / PS quoi .

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[6] ANTITOUX envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 11:29


NON Le quartier de la gare du midi n'était pas un endroit particulier d'ou il aurait fallu sauver quelque chose il y a vingt ans.OUI L'état actuel du projet ne relève bien que de la spéculation pure et dure.NON Cela ne va pas améliorer l'ensemble mais simplement déplacer un peu plus les problèmes liés a cet endroit auparavant.

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[5] bruXXel envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 09:34


http://www.quartier-midi.be/bonnes-pages

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[4] bro envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 08:20

Corruption ou diffamation
Si cet écrivain à des preuves d'une corruption, son devoir de citoyen est de déposer une plainte dans un commissariat de police. Dans le cas contraire, il s'agit de diffamation qui tombe aussi sous le coup de la loi.

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[3] exclu envoyer un message personnel dit le 28/05/2009, 23:22

ERRATUM
J'ai voulu dire porte d'Anderlecht et non pas porte de Ninove .

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[2] bro envoyer un message personnel dit le 28/05/2009, 22:03

Un ancien chancre
Ce quartier était un chancre à ciel ouvert et il est maintenant quasiment clean. Que demander de plus ?

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[1] bruXXel envoyer un message personnel dit le 28/05/2009, 19:36

ù sont passées les "bonnes pages" ?
Lorsque cet article a été publié sur Le soir en ligne (à 14h35 ce jeudi 28 mai), il comprenait "des plus", c'est-à-dire les "bonnes pages" de ce livre. Un peu avant 18h00, cet encadré était retiré. Pour quelles raisons?

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