Offrir le divan aux touristes
MATHIEU COLINET
lundi 28 juin 2010, 10:07
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Charleroi. Le « couch surfing » progresse grâce à l'aéroport. Dimitri est un inconditionnel du « couch surfing ». Il a déjà logé une quarantaine de personnes depuis qu'il s'est lancé dans l'aventure Internet. Le développement de l'aéroport de Charleroi explique la croissance de la formule.
Sans le savoir, Ryanair contribue au développement du « couch surfing » à Charleroi Bon nombre de touristes et de voyageurs profitent de contacts sur Internet pour passer une nuit à Charleroi avant de repartir vers dautres
A peine quitte-t-il des touristes hongrois qu'il prévoit le soir même d'accueillir chez lui deux Polonaises de passage à Charleroi. Et d'ici début juillet, il devrait encore ouvrir son appartement à deux Turcs ayant atterri un peu plus tôt à l'aéroport de Charleroi. Dimitri Alaime est du genre partageur. Son appartement, un deux chambres situé en plein cur de Charleroi, à quelques mètres de la gare, est devenu dans la ville la plaque tournante du « couch surfing ». Comprenez, un tourisme à la bonne franquette où les hôtes des quatre coins du monde mettent un divan à la disposition de touristes de passage avec qui ils ont échangé sur internet.
« Il y a des sites internet spécialisés, explique Dimitri Alaime. En tant qu'hôte, on y renseigne sa ville et ses possibilités d'hébergement. Les personnes intéressées se signalent. Un échange s'établit et généralement ce premier contact donne lieu à d'autres au travers desquels on tente d'obtenir quelques renseignements sur les gens que l'on compte accueillir ».
Généralement, ces échanges se passent bien. Et très régulièrement donc, Dimitre Alaime, qui semble avoir presque une foi inébranlable en la nature humaine, voit donc défiler l'Europe entière dans son appartement. Pour être plus précis, depuis qu'il s'est lancé dans l'aventure voici quinze mois, le Carolo a dû accueillir chez lui une quarantaine de touristes, cadeaux d'un aéroport qui les voit débarquer par centaines de milliers chaque mois. « Ils passent souvent chez moi avant de pousser jusqu'à Bruxelles ou à Bruges, témoigne Dimitri. Ils viennent à Charleroi parce que l'aéroport s'y trouve. Certains en tant que touristes, d'autres en tant que travailleurs ». Pendant deux mois, Dimitri a ainsi vécu sous le même toit que quatre Espagnols nouvellement engagés par Ryanair. La compagnie aérienne irlandaise, qui a fait de BSCA sa base continentale, ne prévoit aucune solution d'hébergement pour son personnel. Celui-ci doit donc se débrouiller. « Pendant deux mois, j'ai soupé fort tard puisque c'est ainsi dans les habitudes méditerranéennes, plaisante leur ancien hôte. J'ai aussi eu l'occasion, mieux qu'avec n'importe quel touriste, de leur faire découvrir la ville ».
Dès que l'occasion se présente, Dimitre Alaime emmène sans perdre de temps ses invités vers les curiosités locales. Il aime par exemple les pousser dans les cafés, déguster des bières belges, les attirer dans une guinguette ou dans un coin retiré de Courcelles. Ou encore, curiosité qui rencontre un certain succès chez les touristes de l'Est toujours groggys de l'expérience communiste, leur faire voir les fêtes locales du parti socialiste carolorégien « Personnellement, je n'ai pas encore profité de l'expérience du couch surfing à l'étranger, reconnaît Dimitri Alaime. Mais je suis invité souvent. Une Espagnole de passage chez moi m'a promis une grande fête dans son village lorsque je viendrai ».
