Prête-moi ta plume
GISELE MARECHAL
lundi 26 septembre 2011, 11:02
Le 3 octobre, 18 candidats suivront 16 jours de cours afin de devenir écrivains publics. Point commun entre tous, le sens social. Missions : écritures individuelles et collectives.
Rinaldo Brulard suit la formation des écrivains publics à Tournai © coralie cardon
Prêter sa plume à autrui pour favoriser son insertion et son intégration : un idéal social, que 18 candidats vont avoir l'occasion de réaliser dès le 3 octobre à Mons. Objectif, devenir écrivain public au bout de seize journées de formation gratuite, étalée en autant de journées organisées par PAC, Présence et action culturelles. Jeudi, une trentaine de candidats à la formation avaient rendez-vous au CPAS de Mons, le temps d'une réunion d'information en compagnie des organisateurs : Marie Demoustiez, coordinatrice du réseau en gestation sur Mons, et Stuart Wrathall, coordinateur à l'échelon de la Communauté française.
En 1998, Liège a été la première ville à concevoir son réseau d'écrivains publics. Ont suivi Bruxelles, la Wapi, Charleroi, Mons L'écrivain public est celui qui prête sa plume, son art de l'écriture, à un citoyen qui est en peine de rédiger un courrier administratif, un CV voire une lettre d'amour. Les missions varient à l'infini, y compris en écriture collective : de l'atelier slam à l'écriture collective d'un ouvrage de mémoire. « A Tournai, des citoyens du quartier St-Piat réunis autour d'un écrivain public, ont fait connaissance, et ont réalisé l'impensable : rédiger l'histoire de leur quartier, et lui insuffler une nouvelle vie », confie Stuart Wrathall.
A Mons, « tout a commencé lors de rencontres, au départ du CPAS de Boussu, de femmes et d'hommes immigrés africains, désireux de faire le récit de leur vécu douloureux qui les avait amenés en Belgique : PAC a dû faire appel au réseau d'écrivains publics de la Wapi. C'est ainsi qu'a germé l'idée de créer un réseau pour Mons et alentours », dit Marie Demoustiez.
Rinaldo Brulard, 50 ans, a relaté son expérience d'écrivain public à Tournai. « Outre une expérience de slam, j'ai animé la rédaction d'un journal à la prison de Tournai, ainsi qu'une création intergénérationnelle à Péruwelz. Suivez-nous : vous apporterez du bonheur aux gens, et vous en recevrez ! » Ensemble, les écrivains étoffent leur propre réseau en partageant leurs connaissances, leurs carnets d'adresses. « Un écrivain public n'est ni un assistant social, ni un avocat, ni un psy gratuits !, insiste Stuart. Il fournit le relais, au besoin. Un avocat, un juge retraité, peuvent par contre devenir écrivains publics. »
Organisée par PAC Mons, la formation est soutenue par la Communauté française et le Fonds social européen. Parmi les cours, citons les ateliers (ludiques) d'écriture, le décrochage scolaire, les droits des étrangers, l'écoute active, la législation sociale, fiscale « Le niveau est exigeant », narre Maureen, de Jurbise, qui vient compléter une formation précédente suivie à Bruxelles. Ecrivains publics, ils pourront aider à perpétuer le réseau naissant lors de permanences aux CPAS, aux mutuelles, à la prison, en administrations publiques. Bouche à oreille au pouvoir !
