Un air plus sain à Charleroi
DIDIER ALBIN
vendredi 27 janvier 2012, 11:01
Charleroi. Le nombre de jours de dépassements du seuil de pollution a diminué à Charleroi. De 170 en 2006 à 30 en 2010. 95% des dépassements des normes ont lieu en hiver. La faute... au chauffage selon le ministre Henry. Des campagnes de mesures plus précises vont être lancées tandis qu'on se penche aussi sur les effets sanitaires.
Grâce aux efforts des entreprises sidérurgiques et autres à Charleroi, la qualité de lair sest nettement améliorée même si tout nest pas encore parfait © Pierre-Yves thienpont
Les problèmes de santé liés à la pollution atmosphérique, on connaît à la maison médicale La Glaise à Marchienne Docherie. « Lors des pics d'émissions de particules fines en 2007, nous avons été confrontés à une recrudescence de complications respiratoires et asthmatiques », confie le Dr Patrick Jamoulle qui a coordonné avec son confrère le Dr Charles des séances d'information sur le phénomène pour le personnel médical et soignant de la région, ainsi que les aides familiales.
Si les mesures de qualité de l'air indiquent que la situation s'est améliorée avec l'installation d'équipements d'épuration dans l'industrie sidérurgique, des dépassements de la norme sont encore constatés. Dans sa réponse aux questions parlementaires de Graziana Trotta (PS), Xavier Desgain (Écolo) et Véronique Salvi (CDH), le ministre wallon de l'Environnement Philippe Henry (Écolo) indique que « le nombre de jours de dépassements du seuil a considérablement diminué à Charleroi. De 170 et 150 en 2006 et 2007, on est retombé à moins de 30 en 2010. La moyenne annuelle des concentrations de particules fines a chuté de moitié. L'analyse des résultats statistiques fait par contre apparaître que 95 % des dépassements se concentrent sur l'hiver. »
La littérature médicale internationale identifie trois sources d'émission : dans la mesure où l'industrie et la circulation automobile ne connaissent pas de variations sensibles d'une saison à l'autre, le ministre s'aventure à en déduire qu'il s'agit de l'effet du chauffage, accentué par temps sec. Dans une région où le confort des logements est modeste avec des chaudières vétustes ou obsolètes, il est permis de se demander si des dispositions régionales ne peuvent pas être prises pour aider les ménages à renouveler leurs installations.
Afin d'objectiver la pollution, Philippe Henry annonce le lancement de campagnes de mesures spécifiques dans les trois stations jugées les plus problématiques de Wallonie, dont deux en Hainaut à Marchienne-au-Pont et Châtelineau.
Un groupe de travail « qualité de l'air » vient aussi de se constituer sur les communes d'Aiseau-Presles, Farciennes, Châtelet et Fleurus. L'impact de l'exposition aiguë à la pollution atmosphérique sur la morbidité/mortalité cardiovasculaire va faire l'objet d'une autre étude à Charleroi, sous l'égide de l'ULB.
