En bateau mais bien au chaud
FREDERIC DELEPIERRE
vendredi 10 février 2012, 08:47
Froid. Un choix de vie particulier qui résiste à l'assaut de l'hiver. Au Grand-Large, à Mons, ils sont sept à vivre à l'année dans leur bateau. Parmi eux, Georges, qui ne souffre pas du froid, estime faire des économies par rapport à l'époque où il vivait dans sa maison. Un habitat plus petit même entouré de glace qui presse les parois ne nécessite pas beaucoup d'énergie, dit-il.
Ancien boxeur, Georges a pris des coups mais il résiste aux attaques de lhiver 2012 © avpress
Barbe et chevelure blanches qui entourent des yeux bleus un tantinet coquins, Georges a des airs de monarque dans son fauteuil de cuir beige. Face à lui, son téléviseur projette des images des années 80 dont le sexagénaire se régale. Le monde actuel, il préfère le vivre de loin. Et loin, c'est où ? C'est à côté.
Chez Georges, le monde est entouré de blanc, de glace. Sa maison ? Un petit bateau amarré au beau milieu du Grand Large, à Mons. Un choix assumé. On s'attend à le retrouver emmitouflé dans des couches de couvertures, frigorifié. Que du contraire. L'homme est plus que vaillant.
« Je vis ici depuis 2005, lance le cap'tain Iglo. A cette époque, j'ai compris que comme indépendant, je ne ferai jamais fortune. J'ai donc décidé de faire des économies autrement. A la base. C'est alors que j'ai quitté mon appartement de 150 m2, à Bruxelles, pour m'installer dans un bateau bien plus petit. Ici. »
En cette période de grand froid, Georges semble bien seul dans le Grand Large. Les bateaux qui entourent son Sirius donnent l'impression d'être désertés. « C'est une fausse idée, lance le capitaine. Nous sommes sept familles à vivre ici à l'année. Il y a même un commissaire de police en activité qui vit ici. »
Arriver au Sirius est toute une épreuve par les grands frimas actuels. Y entrer laisse présager des conditions de vie ardues. Franchir le pas de la « porte-hublot » a vite fait de retourner l'opinion. C'est même une vague de chaleur qui saisit le visiteur.
« Mon bateau a quarante ans, commente Georges. Il n'est pas isolé comme les navires récents. Je ne dispose, par exemple, pas de double vitrage. Je dois donc veiller à bien chauffer pour éviter la condensation. Pour le reste, je ne souffre pas du froid. »
Mais comment faire des économies dans de telles conditions ? « Par mois, la location de mon emplacement, la consommation d'électricité et mon chauffage me coûtent une centaine d'euros. Mon bateau étant petit et ancien, il ne m'a pas coûté cher. J'y suis heureux. Avec mes voisins, nous formons même une petite communauté fort chaleureuse. »
Seul inconvénient de ce choix de vie : la promiscuité avec sa compagne. « Seuls les couples solides y survivent. » Et le froid ? « Les plaques de glaces pressent sur les parois du bateau mais il est bien isolé, ça ne pose pas de problème. Mais quand une péniche passe, la glace pousse et ça fait un bruit énorme. »
