CHARLEROI / Le complexe cinématographique a fermé ses portes

Ecrans noirs au Marignan

DIDIER ALBIN

jeudi 15 mai 2008, 08:43

LE PROPRIÉTAIRE du Marignan proche d’un accord avec le Vaudeville. Une occasion manquée pour le cinéma Le Parc.

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La baisse de fréquentation de ses salles a été fatale au complexe Marignan-Vauban. Le groupe Hanne reste propriétaire du complexe Carollywood, voisin de Ville 2. © J. De Cesare/JDC Pictures.

C’est la chronique d’une mort annoncée, pour reprendre l’expression de l’échevin de la Culture de Charleroi, Antoine Tanzilli (CDH). Les six écrans du cinéma Marignan-Vauban ont viré au noir complet mardi. L’information a été donnée par Vivacité.

La fermeture du complexe qui animait le quartier du boulevard Tirou met un terme à une expérience de plus d’un demi-siècle entre le groupe Hanne et la ville. Sans espoir de reprise. En revanche, tout donne à penser que les négociations entreprises avec le théâtre du Vaudeville aboutiront pour l’échéance de ce 31 mai. « On peut considérer que nous avons un accord sur 99 % de la convention de bail, observe Jean Hanne, propriétaire du bâtiment. Pour conclure, nous attendons d’une part une garantie bancaire de la part du théâtre ».

Son directeur devrait être en mesure de l’apporter dès la fin de la semaine. À charge pour lui, d’autre part, d’établir une étude sur le montant des investissements à opérer pour transformer la salle de projection. La confiance entre les deux hommes existe. Il faut dire que le groupe Hanne lui avait déjà donné en location l’ancien Trianon. « Notre présence au passage de la Bourse a été un succès, commente Alain Lackner. Nous avons contribué à redynamiser le lieu comme nous l’avions fait à la rue de Marcinelle, avant de devoir partir ».

Selon nos informations, deux grandes salles vont être utilisées à la création du nouveau théâtre au boulevard Tirou, d’une capacité de 300 places (contre 200 aujourd’hui). Un espace de brasserie sera également intégré.

Quid du cinéma Le Parc ?

Dans de telles conditions, il semble difficile d’insérer un pôle d’art et d’essai, compte tenu du manque d’espace. Lors de son entretien en mars dernier avec Jean Hanne, le responsable du cinéma Le Parc s’était montré clair : Michaël Bakolas mise sur un projet de quatre salles culturelles, soit le double de l’offre actuelle. Pour lui, c’est à ce prix que la Ville et la Communauté française peuvent financer, avec l’ASBL, une opération de rachat du bâtiment et de rénovation. C’est également l’avis d’Antoine Tanzilli aux yeux duquel les contacts avancés du Vaudeville et de Jean Hanne compromettent le projet. Faut-il faire son deuil d’un complexe de cinéma d’art et d’essai. L’échevin relance l’idée d’installer le Vaudeville au Parc pour laisser à ce dernier la capacité de reconvertir le complexe du boulevard Tirou.

Une solution tardive, observe Alain Lackner. « Je déplore que l’échevin nous ait laissés ouvrir des négociations au mois septembre alors que nous venions de recevoir notre renon. À l’époque, la Ville n’a pas bougé, elle est restée tranquillement au balcon. À la veille de la signature d’un accord, débarquer avec un projet, c’est un peu maladroit. »

Jean Hanne ne semble pas en penser moins. Les deux opérateurs privés poursuivent leurs discussions. Une convention pourrait être signée endéans les deux semaines, pour porter sur la saison 2008-2009.

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