Reportage aux « Murlais »
Ils sont atteints de myopathie, de la maladie d’Alzheimer, de Parkinson ou sont handicapés. Ce mardi vers 10h, une quarantaine de pensionnaires de la maison de repos « Les Murlais » et de l’ASBL « Revivre chez soi » ont été évacués dare-dare de leur logement. « On nous a dit que la tour qui est juste à côté menaçait de s’effondrer », raconte Mourad qui, avec d’autres pensionnaires en chaise roulante, a été placé provisoirement dans la salle des fêtes du quartier. « C’est bizarre : une grue essaie de la mettre à terre depuis le 5 octobre mais jamais on ne nous a dit qu’elle menaçait de s’effondrer sur nous ».
Selon les premières informations, l’entreprise Demeuter, chargée de la démolition de la tour dans le cadre d’un vaste plan de requalification du quartier, a craint, ce mardi, un effondrement de la cage d’ascenseurs attaquée à coups de boulets depuis plusieurs jours. Immédiatement, le plan catastrophe a été enclenché et les pensionnaires de la maison de repos, située au pied de la tour, ont été évacués tandis que le quartier était bouclé.
« Ils vont être traumatisés », s’inquiète Denis Blistin, 72 ans qui, avec sa sœur, trépigne devant les barrières de sécurité alors que son mari, âgé de 80 ans est toujours à l’intérieur. « Il a Alzheimer et Parkinson. Ce midi, je n’ai pas pu rentrer pour lui donner à manger et le voir. On va aller le reprendre », déclare, en colère, la dynamique septuagénaire. « La Ville nous avait dit que la démolition de la tour ne représentait aucun danger… Mon œil ! Ils n’ont pas l’air de penser trop au stress infligés aux pensionnaires. Et puis, comme démolition ça ne m’a pas l’air très professionnel ». Finalement, après quelques palabres, Denise et sa sœur peuvent rejoindre la maison de repos.
Tandis qu’une réunion de crise se tient au commissariat tout proche, la salle des fêtes accueille temporairement les évacués suivis de toute la ménagerie de compagnie : chats, canaris, chiens. « Certains seront rapatriés dans leur famille d’autres, aux pathologies plus lourdes, transférés dans des hôpitaux », déclare une personne de soins de la maison de repos. Quant à la poursuite des opérations de démolition, elle fait l’objet d’une réunion de crise ce mardi entre les acteurs concernés.
Philippe Bodeux