Rue Léopold, l'enquête s'accélère

MATRICHE,JOEL

jeudi 01 avril 2010, 09:10

Liège. Une confrontation organisée à la demande de témoins. Une alerte au gaz avait été déclenchée trois jours avant l'explosion. Négative, avaient estimé les pompiers et l'ALG. La justice tranchera.

Rue Léopold, l'enquête s'accélère

Un important dispositif policier mardi soir rue Léopold, au plus près du lieu de l’explosion © Krakowski/Belga

Le 23 janvier vers 18h25, trois jours donc avant l'explosion qui a fait 14 mors rue Léopold, un appel évoquant « de fortes odeurs de gaz » parvient au service 100. La police est sur place 18 minutes plus tard, l'immeuble est évacué, la rue fermée à toute circulation. Un équipage de pompiers et un agent de l'ALG viennent bientôt en renfort, les uns et les autres procèdent à différents relevés avec leurs appareils, le test est négatif et chacun peut rentrer chez soi.

Dans la nuit du 26 au 27 janvier néanmoins, une explosion déchire l'immeuble situé au nº 18, qui avait été inspecté quelques jours auparavant. La maison voisine s'effondre elle aussi et alors que les services de secours fouillent jour et nuit les décombres à la recherche d'hypothétiques survivants, une instruction judiciaire est ouverte pour homicide involontaire.

Coïncidence

L'explosion est-elle la conséquence d'une fuite de gaz survenue trois jours plus tôt mais qui n'aurait pas été décelée ? La position de la Ville, des pompiers et de l'ALG est connue : ces deux événements seraient sans lien, conduites et compteurs étaient en bon état de fonctionnement, il n'y avait aucune poche de méthane le 23 janvier.

À la demande de témoins, une confrontation entre ces intervenants de la première heure a néanmoins été organisée mardi soir. Le quartier a été entouré de barrières dès 19h30 pour laisser place aux pompiers, aux policiers et à l'agent de l'ALG qui était de garde le 23 janvier ainsi qu'à la juge d'instruction et à l'un des propriétaires au moins. Chacun a raconté sa version de ce qui devait être une inspection de routine, la confrontation s'est terminée vers 03h30 sous les projecteurs et des contradictions seraient apparues entre les témoignages.

« Tout ne s'est pas passé comme l'ont raconté ceux qui sont intervenus, s'offusque ainsi Mehmet Calik, le propriétaire de l'immeuble où est survenue l'explosion. Contrairement à ce qui a été prétendu, toute la maison n'a pas été inspectée le samedi. J'ai tout expliqué à la juge d'instruction. » Pour ce propriétaire, dont l'immeuble détruit n'était pas assuré, une des parties aurait menti pour couvrir une négligence qui, trois plus tard, s'est révélée meurtrière. De nombreuses autres dépositions, parfois contradictoires, ont été recueillies par les enquêteurs et le magistrat instructeur.

Vos réactions

Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir