L'inégalité de revenus frappe plus les villes
BODEUX,PHILIPPE
mercredi 07 avril 2010, 08:30
s'abonner
En dix ans, les grandes villes de la province ont vu l'inégalité entre ménages croître plus vite que la moyenne.
Selon les dernières statistiques publiées par Statbel, le fossé se creuse entre les tranches de revenus les plus faibles et les plus élevées. Ainsi, en dix ans (de 1997 à 2007), l'écart le coefficient de Gini a augmenté de 22 %.
La province de Liège n'échappe pas au phénomène. Sur la même période, l'inégalité de revenus après impôts a augmenté de 24 %. Toutefois, sans précision ou enquête complémentaire, il est difficile d'expliciter dans quelle proportion les pauvres sont devenus plus pauvres et les riches plus riches.
Malgré tout, on observe de grandes disparités entre communes. Ainsi, la communauté germanophone, que l'on pourrait croire assez homogène au niveau de sa population, recèle la commune la moins inégalitaire de Belgique Butgenbach avec un coefficient de 0,242 et celle la plus inégalitaire de la province Raeren avec 0,379 de coefficient alors que la moyenne provinciale est de 0,303. « Je suis très étonné de notre position, déclare René Chaineux, échevin des finances de Raeren. Je ne l'explique pas. »
Parmi les communes les plus inégalitaires, on trouve sans surprise Chaudfontaine (0,364) où, sociologiquement, les différences de revenus sont très contrastées, entre Vaux-sous-Chèvremont et Beaufays par exemple. Suivent Thimister (0,357), Olne (0,341) et Neupré (0,340).
Outre Butgenbach, les communes les moins inégalitaires sont Saint-Nicolas (0,263), Flémalle (0,266), Herstal (0,268), Grâce-Hollogne (0,270), Seraing (0,274) et Engis (0,276). Estampillées « communes rouges de la périphérie liégeoise », ces localités ont une population assez homogène au niveau des revenus. Certaines d'entre elles connaissent une augmentation supérieure à la moyenne de l'arrondissement de Liège (22 %). C'est le cas de Seraing (28 %) par exemple. Cela peut être interprété par une plus grande précarité des ménages. En particulier, l'augmentation du nombre de familles monoparentales qui, selon des études récentes, sont les plus fragiles en matière de revenus.
Avec une augmentation du fossé entre riches et pauvres de 25 % entre 1997 et 2007, Herstal dépasse également la moyenne de l'arrondissement tout comme Liège (23 %). Toutes ces communes ont « subi » entre 2001 et 2004 un enrôlement important de bas revenus (qui ne rentrent pas de déclaration d'impôts) par l'administration fiscale. Ce qui explique le creusement du fossé.
Ailleurs dans la province, Verviers grimpe de 27 %, Huy de 26 % et Waremme de 31 % alors que des communes moins peuplées comme Esneux (+ 17 %) et Visé (+ 15 %). Cela tend à prouver que les grandes villes encaissent plus que les petites communes les variations d'inégalité de revenus.
Reste maintenant à prouver si l'augmentation supérieure à la moyenne provinciale provient d'une proportion accrue de « riches encore plus riches » ou parce qu'un nombre croissant de ménages vient grossir la tranche de revenus les plus faibles
P.5 L'écart riches-pauvres se creuse
