Liège se dote d'un plan vélo
BODEUX,PHILIPPE
vendredi 07 mai 2010, 12:06
Liège. Abandon provisoire du vélib, prise en compte systématique du vélo dans les aménagements. Face à la hausse de 10% de cyclistes, la Ville montre sa bonne volonté.
La pratique du vélo est en hausse dans la Cité ardente Mais il reste encore beaucoup de chemin à faire pour convaincre les plus timorés © Tonneau
Chaque année, l'usage du vélo progresse de 10 % sur le territoire. C'est en tout cas ce que révèlent les derniers comptages effectués en octobre 2009. « Sur une heure de temps, en 18 points de la ville, nous avons constaté le passage d'un millier de vélos contre 600 l'an passé », explique Jean-François Leblanc, conseiller en mobilité de la Ville de Liège. Un constat qui devrait pousser les autorités communales à mettre le grand braquet en matière d'aménagements pour les cyclistes.
« Pour la première fois, le Collège a adopté un plan vélo après avoir engagé, l'an passé, une Madame vélo », déclare le bourgmestre. Restrictions budgétaires obligent, ce « plan vélo 2010-2015 » est modeste. « Nous avons par exemple postposé la mise en uvre du vélo en libre-service qui s'avérait plus onéreux que prévu : près d'un million d'euros par an contre 500.00 euros il y a peu. À l'engouement du début, ont succédé les problèmes de vandalisme », explique le mayeur Demeyer. Bye bye le « vélib » et ses stations de location de bicyclettes : la Ville planche désormais sur un système alternatif de 300 vélos mis en location dans deux ou trois stations (St-Lambert et Guillemins notamment). Le service de location et l'entretien seraient assurés par des entreprises d'économie sociale ou des ASBL, en partenariat avec la Ville. « Ca nous reviendra dix fois moins cher », affirme le bourgmestre.
Toujours au rayon des incitants, le plan vélo 2010-2015 prévoit une indemnité de déplacement domicile-travail de 0,22 euro/km pour les agents communaux qui prennent leur bicyclette et l'installation de range-vélos sécurisés dans 14 écoles ainsi que le relevé des besoins en douches et vestiaires pour le personnel communal qui pédale au quotidien.
Une politique cyclable n'est rien sans aménagements. Si la création de pistes cyclables n'est pas envisagée par le plan, la priorité est la résolution de la quinzaine de points noirs identifiés par le Gracq, le lobby des cyclistes. Il s'agit de nuds de circulation qui, à l'instar du pont d'Amercur ou du carrefour Piercot/Frère Orban, sont de véritables « passages de la mort » pour le cycliste non-chevronné. Ces deux exemples de points noirs seront résolus en 2010 tout comme le carrefour Joie-Eburons avec la perte d'une bande pour les voitures. Devront suivre, l'aménagement des ponts de Meuse Kennedy, Albert, Fétine, Fragnée, Longdoz où le cycliste n'a d'autre choix que de rouler sur le trottoir. Encore faut-il que le Service public de Wallonie soit de bonne composition. « Nous avons des réunions avec le SPW et ça progresse », déclare Marie-Claire Schmitz, « Madame Vélo ». Enfin, la Ville affirme vouloir désormais intégrer dans tous ses aménagements de voirie la composante cycliste. De la création d'une traversée sécurisée à l'abaissement de bordures. Et elle s'engage à présenter, d'ici l'automne, un plan communal d'itinéraires cyclables.