Inauguration du Ciac en juin 2014
JOEL MATRICHE
mardi 29 juin 2010, 11:15
Liège. D'un coût global de 23,5 millions, le centre d'Art et de Culture devrait ouvrir ses portes dans 4 ans. Il accueillera des expositions temporaires. L'accès à ce nouveau musée risque néanmoins de susciter la perplexité des touristes.
Une architecture « courtoise » et exempte de « gesticulations technologiques », respectueuse du site classé de la Boverie, de l'art contemporain qui devrait y être régulièrement exposé et surtout du public : telles sont, selon le bureau liégeois PHD et l'architecte français Rudy Ricciotti, les qualités premières du Centre international d'art et de culture (Ciac) qu'ils devront édifier dans les quatre ans à venir entre la Meuse et la Dérivation.
Outre la rénovation du bâtiment existant, le programme consiste surtout en la création d'une extension qui prolongera sa façade orientale. Pour un coût global de 23,5 millions d'euros soit un peu plus de 15 millions lorsqu'ont été déduits les 10 % réservés aux imprévus du chantier, la TVA et les honoraires , pris pour moitié en charge par la Région, pour 40 % par l'Europe et pour le solde par la Ville de Liège.
Les éléments non porteurs du grand mur aveugle qui longe aujourd'hui la Dérivation (façade est du musée) seront détruits et les ouvertures dégagées serviront de transition entre l'actuel bâtiment et l'extension nouvelle. Celle-ci, large de 60 mètres et haute de 7 mètres, sera construite sur pilotis, surplombant ainsi les berges de la Dérivation. Vitrée sur trois de ses côtés, elle ouvrira le musée sur la rive droite du fleuve et le quartier du Longdoz.
Le bâtiment qui accueille le Mamac sera évidemment sauvegardé et restauré mais ses dalles de sol seront abaissées d'un mètre environ. Il abritera les fonctions d'accueil, de billetterie et de commerce. Il sera complété par des espaces d'exposition et en sous-sol, par un auditorium d'une centaine de places, un quai de déchargement et des ateliers de préparation des expositions.
L'extension, essentiellement faite de verre et d'une résille en béton cette dernière, présente sur deux des façades, permettra d'occulter partiellement la lumière du soleil , offrira une salle d'exposition grand format, susceptible d'accueillir sculptures et installations d'art contemporain.
Au bout du parc, le quartier général des sports nautiques intégrera de nouvelles fonctions. Bien que, relèvent les auteurs dans leur note d'intention, « le bâtiment du palais des Beaux-Arts pourrait contenir à lui seul l'ensemble des fonctions exigées par le maître d'ouvrage », ce bâtiment annexe devrait être radicalement transformé pour accueillir le restaurant, les entités administratives, le bureau des conservateurs et l'atelier pédagogique.
Il est enfin prévu qu'une galerie en béton armé relie le musée à son annexe mais comme le souligne Rudy Ricciotti, « cet élément n'est pas indispensable » et « s'il faut prendre son parapluie pour aller d'un bâtiment à l'autre, ce n'est pas bien grave ». L'économie de ce souterrain aurait pour avantage, suggère l'architecte français, de consacrer plus de moyens à l'aménagement d'un large bassin d'eau orné de sculptures entre le musée et la roseraie.
La transparence de l'extension, la sobriété dans le choix des formes et des matériaux, la restauration des sols en granito et des éléments architecturaux de l'actuel Mamac, l'exploitation maximale des volumes présents et à venir devraient garantir, estiment les auteurs du projet, un musée sobre et efficace, capable de convertir ou à tout le moins de ne pas faire fuir ceux qui ne sont pas coutumiers de l'art contemporain.
« Ce n'est pas une extension grande gueule, insiste Rudy Ricciotti. Il ne faut pas rendre l'art contemporain plus effrayant qu'il ne l'est déjà. »
Ainsi, par exemple, les visiteurs pourront-ils provisoirement quitter l'extension par sa façade orientale pour, tournant ainsi le dos aux uvres exposées, s'asseoir sur les gradins qui seront aménagés le long de la Dérivation. Parce que, terminent en clin d'oeil les architectes, « il doit rester possible de tourner le dos à l'art contemporain. »