Le fret aérien bloqué au nom du climat

PIERRE MOREL

mardi 03 août 2010, 10:43

Bierset. Les activistes du camp climat ont bloqué la zone Nord de Liège Airport pendant quelques heures. Objectif: rappeler que le fret aérien a un coût climatique élevé. La manifestation, pacifique et bon enfant, et le barrage ont été levés en fin de journée sans le moindre heurt.

Le fret aérien bloqué au nom du climat

Couchés et entravés sur la route d’accès ou dansant au rythme des percussions, des manifestants ont perturbé le trafic de fret aérien© ELODIE LEDURE

REPORTAGE

Deux lourdes bassines de béton, de part et d'autre de la route. Entre elles, une dizaine de jeunes gens couchés sur la route, les bras enchaînés dans des manchons en acier qu'on ne pourra leur enlever qu'avec une extrême difficulté. Une centaine de manifestants bariolés en clowns, brandissent pancartes et banderoles et soutiennent leurs compagnons au son de percussions endiablées. Les chauffeurs des camions bloqués par ce barrage improvisé prennent leur mal en patience, sous le regard impassible des policiers en civil qui ne quittent pas leur oreillette.

Lundi, dix heures, les activistes du Camp Action Climat de Liège (Le Soir du 30/07) ont lancé leur « action directe non-violente », préparée et peaufinée au camp. Pendant qu'une partie des manifestants attirait les regards policiers en paradant joyeusement à Voroux et Bierset, les autres se sont mis en place sur cette route, unique voie d'accès à la zone Nord de l'aéroport de Liège Airport. « On bloque ainsi complètement cette zone de l'aéroport où transitent beaucoup de produits alimentaires et périssables, transportés par avion à grand coût écologique alors qu'on pourrait les produire localement », explique, dans le barrage humain, Marc, 35 ans, pendant qu'une bonne âme lui enduit le visage de crème solaire.

« En 2009, 500.000 tonnes de fret ont transité par Liège Airport, souligne à ses côtés Andy, 33 ans, de Koekelare en Flandre. 800 grammes de CO2 par tonne et par kilomètre… Il y a aussi ici un dépôt de six millions de tonnes de kérosène potentiellement dangereux. Et sur cet aéroport travaillent des compagnies israéliennes qui font venir des produits des territoires occupés. Quand on parle de climat, on parle aussi de justice sociale. »

Les pommes ne volent pas !

Autour d'eux, quelques enfants s'égayent et les vélos arborent leurs slogans : « Changez le système, pas le climat », « Les Pommes poussent sur les arbres, elles ne volent pas ! »

« Nous voulons dire qu'il faut arrêter de polluer en faisant venir du bout du monde des produits qu'on pourrait produire ici, explique Zoï. Ensuite, il faut arrêter le soutien financier public à ces secteurs ultra-polluants. Il faut aussi cesser le chantage à l'emploi : on peut créer des emplois durables avec une autre politique climatique. Et puis, cette action rappelle aux gens, largement sensibilisés désormais à la cause climatique, qu'on ne s'en sortira pas par la seule consommation responsable ni en attendant les gouvernements. Il faut agir concrètement ! »

À 16 heures, les activistes ont d'eux-mêmes mis un terme à leur action, sans intervention policière.

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