Devant la gare : la discorde
ERIC RENETTE
jeudi 05 août 2010, 08:58
Liège. Échange de courriers musclés entre la SNCB et la SDLG. La SNCB refuse qu'on effectue des travaux sur ses terrains. les pelouses de la discorde.
La gare de Liège est opérationnelle depuis bientôt un an Que va-t-on faire aux alentours ? © ÉLODIE LEDURE
Les autorités liégeoises espéraient profiter des vacances pour adoucir les relations entre les différents propriétaires des terrains situés devant la gare des Guillemins (Ville, Etat, SNCB, SRWT). Et faire avancer le dossier. Ça semble mal parti. À la place d'aménités, on s'échange des courriers « gratinés », pour reprendre l'expression d'un des intervenants. Les travaux d'aménagement des voiries situées devant la gare, annoncés pour juillet, pour août, puis pour « la rentrée », ne semblent pas près de débuter.
Le 19 septembre, il y aura un an que la nouvelle gare liégeoise était inaugurée en feux d'artifice géants. Près d'un an plus tard, il est toujours impossible de définir ce que seront ses alentours. Sans même parler des projets immobiliers, le projet de tour des finances (118 m) en bord de Meuse est hautement contesté et les travaux d'aménagement des voiries pour lesquels l'Europe a octroyé (pour la deuxième fois) des subsides sont toujours au point mort. Or tout doit être terminé et facturé (plus de 25 millions d'euros pour les aménagements structurels du quartier !) avant la fin 2014 pour les voiries, fin 2013 pour la tour. Le ton du courrier envoyé la semaine dernière par la SNCB-Holding à la SDLG lève toute ambiguïté, paraît-il, ce n'est pas demain qu'on va se mettre d'accord.
En résumé, la SNCB-Holding, gestionnaire du patrimoine ferroviaire, rappelle aux autorités liégeoises qu'elle s'oppose à tout aménagement s'appuyant, sans son accord, sur des terrains qui lui appartiennent. Or c'est le cas dans le permis d'urbanisme octroyé pour l'aménagement de la place devant la gare. Plus précisément, ce permis prévoit des arrêts de bus au coin rue Paradis-place des Guillemins au bord d'un trottoir élargi (7 m). Ce dispositif implique de « rogner » sur les aménagements que la SNCB-Holding a réalisés, sur ses terrains, devant la gare (pelouse, rampe d'accès
). Sinon, il faudra se contenter de petits trottoirs de 2 m de large « moins en mesure » avec la gare.
D'un point de vue technique, certains avancent que la SNCB-Holding connaît les objectifs des autorités liégeoises depuis le PCA (plan communal d'aménagement) approuvé en 2002 et précisé dans un PRU (périmètre de remembrement urbain) en 2007. Sa qualité de propriétaire lui conférerait le droit de ne pas être d'accord avec un projet d'utilité publique
mais pas de s'y opposer. Au mieux de réclamer une indemnisation pour l'utilisation de son terrain. La SNCB-Holding, elle, n'analyse pas la chose du même point de vue. Sa mission reste de valoriser au mieux son « investissement » de 350 millions d'euros, la gare. Jean-Claude Fontinoy, président de la SNCB-Holding et d'Euroliège TGV confirme être inquiet et ne pas savoir « comment tout ça va-t-il tourner ». D'autres se contentent de constater qu'un an après les feux d'artifice, « on est nulle part ».