« Il faut sortir de l'ornière ! »
PIERRE MOREL
mardi 17 août 2010, 10:44
Liège. Le ministre wallon Jean-Claude Marcourt est aussi un habitant des Guillemins, qui n'a jamais caché son opposition à la future Tour des Finances. Face au blocage, il plaide pour que l'on "sorte de la cour de récréation" et qu'existe réellement la Société de Développement (SDLG) qui regroupe les acteurs fonciers des Guillemins. Et il se demande à quel jeu joue le MR.
ENTRETIEN
Moins directement en première ligne dans le dossier que son coreligionnaire PS Willy Demeyer, qui s'oblige à une très (trop ?) grande réserve, Jean-Claude Marcourt est un acteur attentif du dossier des Guillemins. En tant que ministre wallon, la Région ayant pris la main dans le Périmètre de Remembrement Urbain (PRU) et y étant propriétaire de terrains et bailleur de fonds. En tant, aussi, qu'habitant du quartier, où il préside la section Fragnée-Cointe-Guillemins du PS liégeois.
Que pensez-vous de l'attitude de la SNCB-Holding dans le dossier des abords de la gare ?
Il y a un vrai problème. Je constate que certains ont des responsabilités tant à la Régie des Bâtiments qu'à la SNCB-Holding et Euro Liège TGV. Il est temps que Jean-Claude Fontinoy (NDLR : qui travaille au cabinet de Didier Reynders, où s'exerce la tutelle sur la Régie des Bâtiments, et préside les deux autres structures), pour le citer, nous dise ce qu'il veut pour être vraiment dynamique dans la réalisation de la place. Et, au-delà de lui, ce que veut Didier Reynders, dont il est un proche ! Je n'ai pas le sentiment que le MR ait été un soutien fort dans ce dossier. Je ne veux pas lui en faire le reproche : je constate. On aurait pu, par exemple, ne pas mettre la cité des Finances dans une société immobilière (NDLR : Befimmo), on l'a fait. Avec plus de collaboration de la part du ministère des Finances, les choses auraient été plus faciles. Le quartier ne veut pas de cette tour des Finances actuellement prévue et le quartier a raison. Elle ne respecte pas l'équilibre du quartier. Or, parallèlement, il faut déterminer ce qu'on va faire dans la rue du Plan Incliné (NDLR : terrains appartenant à la SNCB-Holding), dans la continuité de la gare et où il serait malheureux de ne pas respecter l'architecture de la gare.
Vous soutenez donc l'idée de la plateforme Guillemins.be de relancer le projet de bâtiment des Finances au Plan Incliné ?
Les Finances vont où elles veulent, ce n'est pas à moi de leur dire. Les Finances ont des contraintes pas forcément adaptables avec la volonté de la SNCB-Holding de construire là un bâtiment en harmonie architecturale avec la gare. Et puis, on a imposé à cette dernière des contraintes urbanistiques qui ont rendu ce projet quasiment impossible. Et il faut encore rencontrer les problèmes budgétaires, légitimes, de la SNCB-Holding. C'est difficile. Mais tout cela, c'est bien dans la SDLG (NDLR : Société de Développement de Liège-Guillemins), où tout le monde est présent, qu'on doit le régler. Il faut sortir cette dernière de l'ornière !
C'est visiblement plus facile à dire qu'à faire. Comment faire ?
Il faut réunir tout le monde autour d'une table et mettre chacun devant ses responsabilités. Tout le monde doit se rendre compte qu'on est dans le Money Time. En basket, c'est ce moment où les joueurs à gros salaires montrent leur capacité à gagner les matches. Que chacun fasse un effort, sans ressasser sans arrêt ce qui s'est passé depuis dix ans. Il faut sortir de la cour de récréation, et sans compter ses billes. Ville, Région, SNCB : tous les acteurs de ce dossier sont publics. Le service public est
au service du public ! Mais il faut se rappeler aussi que la SNCB-Holding a beaucoup investi et qu'elle doit construire un vrai dossier financier.
Vous ne voulez pas de la Tour des Finances et avez déjà affirmé que le projet d'esplanade n'était pas assez ambitieux. Il faut tout revoir ?
Au conseil communal, on a toujours dit que le PRU était évolutif. Voyons ce qui fait consensus et ce qu'on peut améliorer. Mais il est surtout important que les gens du quartier sachent enfin où ils vont, quel est le projet, quel est son phasage. Car ils sont anxieux.