Demeyer : « Eviter l'enlisement »
ERIC RENETTE
mardi 24 août 2010, 11:00
Liège. Le bourgmestre assure vouloir avancer dans le dossier des aménagements devant la gare. Une médiation a été proposée. La société de coordination (SDLG) attend de la SNCB-Holding un projet complété d'aménagement des terrains de la rue du Plan Incliné.
Willy Demeyer lavoue, « le jeu est compliqué Mais il faut avancer Il y a assez de possibilités pour que chacun puisse rentrer à nouveau dans un projet positif, avec un esprit win-win » © Michel Tonneau
Dans vingt-cinq jours, le 19 septembre, la gare des Guillemins célébrera le premier anniversaire de son inauguration en fanfare. Un an après, la Ville de Liège les travaux d'aménagement de la place publique prévue devant l'entrée principale du monument n'ont toujours pas débuté. Parce que, depuis des mois, il semble impossible d'obtenir un accord entre les différents propriétaires fonciers : la Ville, la SNCB-Holding, les dépositaires des terrains de l'État (la sicafi Befimmo) et la SRWT. Les travaux doivent débuter avec l'emplacement des autobus à proximité de la gare. La SNCB-Holding conteste car il empiète de quelques mètres sur les pelouses plantées devant la gare. Une situation qui pourrait n'être que risible si l'imminence des travaux ne conditionnait pas le maintien des subsides européens promis pour les réaliser (8,5 millions).
Depuis quelques jours, Le Soir a relayé les réactions (Marcourt : « Il faut sortir de l'ornière », Defraigne : « Que la SNCB dise ce qu'elle veut », Grafé : « Éviter le syndrome St-Lambert »). Willy Demeyer, bourgmestre de Liège et président de la SDLG, la société chargée de coordonner le dossier, s'exprime, enfin, à son tour.
On est dans le syndrome « place Saint-Lambert », quand les Liégeois contemplaient un trou faute d'accord sur ce qu'on allait construire à la place ?
Je ne laisserai pas s'enliser le dossier, on doit avancer. Mais nous sommes face à un vrai débat d'idée entre des visions urbanistiques. Ce n'est pas rien qu'un débat partisan avec d'un côté les fervents d'une tour moderniste et de l'autre les défenseurs d'une vie de qualité. L'aménagement du quartier doit être à la fois un projet de vie et une affirmation urbaine.
Ce débat aurait pu se tenir il y a longtemps, non ?
Mais il s'est tenu et toutes les conditions de ce débat ont été réunies dans la procédure que nous suivons. C'est vrai qu'au tout début, la Ville n'était nulle part, la gare de Calatrava était comme un cadeau qu'on nous faisait. Depuis, la Ville a retrouvé des moyens. Du coup, on a agrandi la taille de la place imaginée devant la gare, on a adhéré à l'idée de percée jusqu'à la Meuse, on y a ajouté la passerelle pour relier au parc de la Boverie et, surtout, on a trouvé le financement pour l'ensemble.
Qu'est-ce qui coince, alors ?
Il y a trois éléments principaux : la tour demandée par la Régie des bâtiments pour abriter les fonctionnaires des finances, l'aménagement de la rue du Plan Incliné et la place devant la gare.
Le dossier de la tour suit son cours. Le collège vient de transmettre à la Région la synthèse des réactions récoltées durant l'enquête publique, on verra ce que le fonctionnaire délégué décidera.
Pour le reste, il est légitime que la SNCB-Holding veuille valoriser ses terrains de la rue du Plan Incliné. Nous lui avons demandé de préciser ses demandes, de compléter le projet pour lequel elle avait obtenu un certificat d'urbanisme conditionné (NDLR : alors en compétition avec la tour des finances). Je suis prêt à aller expliquer notre point de vue devant le conseil d'administration de la SNCB-Holding s'il le faut. Dans une ville comme Liège, au nud intermodal du pays de Liège, à côté de la gare TGV de la Wallonie et de l'Euregio, il y a de la place pour des projets de qualité.
Enfin, concernant le début des travaux de la place face à la gare, on n'imagine pas développer le projet sans la SNCB Holding mais on ne peut pas non plus se laisser bloquer pour quelques mètres de pelouse. Nous devons signifier rapidement notre décision à l'entrepreneur. Nous sommes toujours dans les délais. On nous propose une médiation en la personne de Jean-Claude Phlypo (NDLR : ex-patron de la SRWT), pourquoi pas. Mais l'intérêt général commande qu'on ne se dispute pas pour quelques mètres carrés de pelouse