Plans d'action contre le réchauffement
PIERRE MOREL
lundi 11 avril 2011, 08:43
Seraing. La Ville et 23 entreprises ont calculé la quantité de gaz à effets de serre qu'elles produisent. Seul hic, l'absence du processus d'ArcelorMittal et de SPE-Luminus, les deux plus gros émetteurs de CO2.
Le Bilan Carbone permet aux particuliers, entreprises ou collectivités de calculer la quantité de Gaz à effet de serre (GES), en particulier de CO2, produite par leurs activités. Pour ensuite mettre en place des plans d'actions afin de la réduire. Des communes ou entreprises à travers le pays ont déjà effectué l'exercice mais, fin 2009, la Ville de Seraing était la première à proposer d'effectuer ce bilan de manière collective, avec les entreprises présentes sur son territoire. Bénéficiant de subsides du Plan fédéral des Grandes Villes, l'opération a été pilotée par l'Arebs (Association pour le redéploiement économique du bassin serésien). Outre la Ville, vingt-trois entreprises se sont pliées à l'exercice. « Elles représentent près de 60 % de l'emploi industriel à Seraing », souligne le bourgmestre Alain Mathot (PS).
Le bilan carbone en a fini avec sa première phase, celle du diagnostic. « Avec l'aide de consultants, nous avons formé des relais en interne dans les entreprises qui ont ensuite effectué le calcul, explique Amélie Joveneau, chargée de mission à l'Arebs. Il est important de signaler que le bilan carbone est un processus au périmètre très large, qui ne se contente pas de calculer les émissions directes mais prend également en compte celles générées par le transport, le fret, etc. »
Déplacement des personnes et fret sont d'ailleurs le plus gros poste de production d'émissions, avant l'énergie des procédés industriels, les matières premières, l'énergie des bâtiments, etc. « Dans tous ces domaines, les entreprises et la Ville vont maintenant mettre en place des plans d'action destinés à réduire leurs émissions, reprend A. Joveneau. Cela doit leur permettre de rejoindre l'objectif européen de réduction de 20 % à l'horizon 2020 ». Audits énergétiques, isolation des bâtiments, pose de panneaux photovoltaïques, adaptation des procédés industriels : les actions sont très diverses. « Mais le fait d'avoir travaillé collectivement a aussi permis d'imaginer des actions plus collectives, souligne A. Mathot. Des entreprises envisagent de mutualiser des services ou même des bâtiments. » »
Un petit hic tout de même, les deux plus gros émetteurs de GES serésiens (75 % à eux deux), SPE-Luminus et ArcelorMittal étaient absents du processus. « Mais ils étaient présents dans le comité de pilotage mis en place », souligne A. Joveneau. Par ailleurs, des obligations légales de réduction des émissions directes pèsent déjà sur ces entreprises grosses émettrices.
