140 millions d’euros à la supracommunalité

PHILIPPE BODEUX

samedi 09 juillet 2011, 16:38

140 millions d’euros à la supracommunalité

La coordination provinciale des pouvoirs locaux réunit les bourgmestres des 84 communes de la province, toutes formations politiques confondues, sous la présidence du député provincial André Gilles © Michel Tonneau

En parler, c’est bien. Passer à l’action, c’est mieux. Sentant, depuis quelque temps, le vent du couperet régional, la Province de Liège a pris le taureau par les cornes. Au contraire d’une province du Hainaut qui se laisse mourir, celle de Liège a réduit ses actions à cinq axes prioritaires dont celui de la supracommunalité. Ou comment créer une métropole urbaine d’un million d’habitants au départ de Liège.

« Nous appliquons le concept historique de ville-région. Comme Anvers, Liège a la chance de pouvoir constituer une métropole à l’échelle de la province », explique Daniel Bacquelaine (MR), vice-président de la « Coordination provinciale des pouvoirs locaux » (CPPL). Cet organe rassemble les 84 bourgmestres de la province (plus la députation provinciale) et est divisé en quatre entités – Liège, Verviers, Huy-Waremme et Communauté germanophone.

Un bazar de plus ? « Non, répond Willy Demeyer, bourgmestre de Liège. Nous anticipons les évolutions institutionnelles qui vont voir le renforcement du pouvoir régional et la délégation de missions à des entités supracommunales réparties par bassin de vie ».

Un exemple ? La Province va préfinancer l’achat groupé de sel de déneigement. Elle stockera la marchandise et la revendra aux communes en fonction des demandes. « Ca coûtera moins cher et nous aurons une garantie d’approvisionnement », explique André Gilles, président de la CPPL.

La Province entend aller plus loin que simplement « coordonner des services communaux ». Dès 2012, elle va débloquer un droit de tirage de l’ordre de 140 millions d’euros – un emprunt amorti sur 20 ans – pour financer des projets supracommunaux. « Il s’agira de dossiers structurants choisis pour leur pertinence et non selon une clé de répartition infraprovinciale », explique Claude Desama, bourgmestre de Verviers.

Développement d’un RER à l’échelle de la métropole liégeoise avec des antennes vers Verviers, Huy et Waremme, achèvement d’un réseau provincial des bibliothèques publiques, gestion supracommunale des piscines : les projets ne manquent pas.

Débloquer un emprunt de 140 millions d’euros sans lever de nouvelles taxes, c’est renoncer à des dépenses. « Comme nous le demande la Région, nous allons abandonner certaines matières à l’instar du logement, l’entretien des voiries ou des cours d’eau, explique André Gilles.

Le modèle liégeois de supracommunalité implique-t-il également un geste des communes elles-mêmes ? Verser, par exemple, une partie de leurs recettes dans un « pot commun » supracommunal, comme les municipalités françaises… « Nous n’en sommes pas encore là mais ce n’est pas impossible que, dans un deuxième temps, les communes consacrent une partie de leurs recettes à des tâches supracommunales, déclare Willy Demeyer. Tout cela sans taxation supplémentaire ».

« Cela dit, embraye Daniel Bacquelaine, le financement d’activité supracommunales par les communes existe déjà à travers les intercommunales. Le tout est de mieux structurer ces actions afin de parvenir à être plus efficient ».

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