Des éoliennes sans gêne

VALENTINE DEFRAIGNE

samedi 15 octobre 2011, 12:32

L’avant-projet de cinq éoliennes entre les villages de Lorcé, Bosson et Ernonheid a attiré des citoyens en nombre, plus ou moins inquiets. Une réunion d’information et d’échange qui s’est déroulée au calme. « Les gens ont posé des questions pertinentes et constructives », se réjouit le bourgmestre de Stoumont, Didier Gilkinet (PS).

Dieudonné Leclercq, citoyen de la commune, approuve la procédure : « Je suis ravi qu’on nous demande notre avis et qu’on s’occupe de l’éolien car il y a chez nous une véritable force de vent. » Un accueil assez rare pour être souligné par François Desmaré, responsable des énergies renouvelables chez Luminus : « Nous avons déjà eu des réunions très agitées, à Stavelot notamment, où les personnes ne veulent rien entendre. Ici, nous entretenons des rapports chaleureux avec le politique. »

Le projet éolien de Ster, sur les communes de Stavelot et Stoumont, avait en effet essuyé de nombreuses résistances. Paolo Tatullo, premier échevin de Stoumont, s’y était alors opposé : « C’était une catastrophe pour le paysage. Ici, l’impact est très réduit ! »

Des éoliennes plus hautes

Le site choisi pour le futur parc présenterait plusieurs avantages. Loin des habitations, la maison la plus proche se situe à 700 mètres. Le bruit serait donc limité. Les massifs forestiers, colmateurs des nuisances sonores, représentent aussi de nouveaux défis pour le développeur. « L’étude d’incidence risque de prendre plus de temps car on doit étudier l’impact sur le milieu forestier, les oiseaux… », précise François Desmaré. Les éoliennes seront d’ailleurs plus hautes qu’à l’accoutumée, avec un plafond de 180 mètres, pour ne pas être gênées par la hauteur des arbres. D’une puissance de 3 à 3,5 MW, leur production moyenne devrait compenser la consommation de 8.750 ménages, un nombre supérieur à celui des deux communes réunies.

D’ici au 28 octobre, les habitants peuvent transmettre leurs remarques aux communes. Sans obstacle, les travaux commenceraient en 2014. L’attrait financier, 1.000 euros de location par mois par éolienne, aura sans doute encouragé les communes. Mais c’est l’idéal durable qu’on met à l’honneur : « J’ai hâte de les voir depuis ma fenêtre », sourit Philippe Dodrimont (MR), le bourgmestre d’Aywaille.

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