Un hommage émouvant après le drame de Liège

HUGUES DORZEE

jeudi 15 décembre 2011, 13:15

Le bilan du massacre, place Saint-Lambert à Liège, est passé à six morts : une dame âgée de 75 ans, Gabriel, 17 mois, Pierre et Mehdi, 17 et 15 ans et la femme de ménage de 45 ans tuée par Nordine Amrani qui s'est donné la mort. Les hommages et témoignages affluent.

Un hommage émouvant après le drame de Liège

©Pierre-Yves Thienpont – Le Soir

Des journalistes de la société de production Woestijnvis ont fait une vidéo rendant hommage aux victimes de la tragédie qui s'est déroulée à Liège. La société travaille notamment pour la chaîne télévisée EEN. Ils ont réalisé un émouvant montage vidéo dont on peut voir ici un extrait :

La vidéo originale en couleur peut-être vue sur le site de EEN.

Jean-Michel, 16ans, copain de Pierre Gérouville, Lionel, Elisabeth, Martin… Des jeunes rescapés du drame de Liège. Choqués, mais en vie.

Leurs témoignages

J'étais comme dans un rêve, raconte avec une incroyable sérénité Jean-Michel Hardy, 16 ans. Je courais, ma jambe saignait et je pensais : ça n'est pas possible, je ne peux pas mourir là, aujourd'hui, comme ça. » Avec sa bouille généreuse, son baxter à bout de bras, l'adolescent force le respect : « J'ai eu beaucoup de chance… », lâche-t-il sans aucune rodomontade.

Sous sa chemise d'hôpital, on devine la plaie béante : « L'éclat de balle m'a déchiré la hanche de part en part. Mais ni l'os ni l'artère n'ont été touchés. La plaie doit se résorber, cicatriser, et on devra me réopérer plus tard », explique le jeune garçon, avec un calme olympien.

Jean-Michel a passé la nuit à la Clinique Saint-Joseph (CHC). Son état de santé est désormais sous contrôle. Jean-Claude et Martine, ses parents, et puis Nicolas, son frère de 14 ans, tous sont soulagés. Mais reste le souvenir de cette tuerie sans nom…

Elève en 5e B (latin-math-sciences) au Collège Saint-Barthélémy à Liège, l'adolescent domicilié à Lantin venait de passer son examen de latin : « J'attendais le bus 70 pour aller chez ma grand-mère, à Rocourt. Nous discutions avec deux copains à l'arrêt lorsqu'on a entendu une explosion, puis des rafales. C'était d'une puissance incroyable ! Et le bruit était si fort ! L'abribus en verre a été soufflé. J'ai senti une douleur à la jambe. J'étais face au tireur et j'ai compris que c'était une balle. Tout le monde courait. Je me suis relevé. C'était la bousculade. J'ai foncé vers le tunnel, il y avait déjà plein de gens dedans. »

Pierre Gérouville, son copain, ne se relèvera jamais

Son copain, lui, ne se relèvera jamais : Pierre Gerouville, 16 ans, élève à Saint-Bar' également, est tué sur le coup… « J'ai alors appelé ma mère avec mon GSM, poursuit l'adolescent. Elle a cru que je lui faisais une blague comme ça m'arrive parfois. Puis j'ai téléphoné à mon père. Tout est allé très vite. J'ai foncé dans le bus. Je tournais de l'œil. J'avais mal, mais j'étais porté vers l'avant. Mon pantalon était déchiré, mais je n'avais pas perdu trop de sang. »

Au lendemain du drame, Jean-Michel doit gérer l'après. L'émotion, le réveil, la peur de garder des séquelles. « Je n'ai pas mal, l'équipe est super. Mais j'espère que je n'aurai pas trop de dégâts au niveau esthétique. » Sa famille est là, omniprésente. Son GSM chauffe et ses amis ont promis de venir le voir à l'hôpital vendredi. « Il me restait cinq examens, je crois que je vais devoir les oublier », sourit l'élève de 5 B. Et puis il y a sa passion pour le tennis de table, à l'ES Crisnée TT. « Pour le match de Jean-Michel Saive qu'il devait voir vendredi à La Villette, c'est loupé, raconte son papa. Mais c'est un costaud. Il est désormais tiré d'affaire. Et cette épreuve va le rendre encore plus fort. »

Plus fort pour devenir, comme papa, dentiste. « Un beau métier, utile », sourit le fiston. Plus fort pour aller encore et encore pêcher. Suède, Espagne, Alaska… La grande passion de la famille Hardy : « J'ai pris un brochet de 92 cm, mon record. Et un saumon de 1,17 mètre en Alaska », raconte-t-il avec candeur. Et puis soudain, sous les néons d'hôpital, sa sagesse refait jour. « J'aurai peut-être un contrecoup, conclut Jean-Michel. Mais là je suis en vie et je vais bien. » Il va bien, et son mauvais rêve est derrière lui.

« Voici des éclats de grenade »

« Voilà quelques-uns des éclats de grenade que j'ai reçus », raconte Lionel Depierreux, rescapé de la tuerie de Liège. Dans ce petit flacon posé sur sa table de chevet de la Clinique André Renard (Herstal), on devine quelques minuscules billes noires en métal : « Il a entre 30 et 40 projectiles disséminés dans tout le corps avec certaines lésions graves. On espère qu'il n'y aura ni complications ni infection », explique sa sœur, médecin.

Ce mardi midi, Lionel, élève en 4e à Saint-Servais, s'apprête à prendre le bus. Le 88, celui pour Ans/Alleur. Il est face à l'archéoforum lorsque le tueur fait feu. « J'ai senti l'explosion, la fumée, les vitres en miette. Je suis tombé, j'avais les mains dans les verres brisés, je sentais des douleurs partout. Il y avait des cris, du bruit, puis le silence. Des gens au sol. Puis la police, les forces spéciales. Je ne pouvais plus me lever. J'avais trop mal aux jambes », se souvient le jeune homme. Qui est alors pris en charge par le Smur. Direction la clinique André Renard.

La famille de Lionel, elle, est restée pendant plus de 4 heures dans l'expectative. « Les listes des blessés qui étaient communiquées sur place étaient parcellaires. Le numéro vert était sans cesse occupé. On a fait le tour de plusieurs hôpitaux. Avant de recevoir, enfin, un coup de fil d'ici », regrette sa maman. Mais les faits d'une violence extrême, sont là, gravés jusque dans les vêtements de Lionel : « Tout était criblé de petits trous. Son dos a été épargné grâce à son sac d'école et plusieurs de ses cahiers ont été transpercés », explique sa famille. Mais pour un polytraumatisé, il va bien. On espère que les lésions au nerf sciatique ne seront pas trop grandes ».

« On a cru que c'était des pétards »

Dans la chambre voisine, Elisabeth Halleux, 18 ans, de Waremme, et son petit ami Martin Simon, 18 ans, d'Othée, savourent leurs retrouvailles. Tous deux ont été également touchés par les déflagrations de grenades. Ils ont plusieurs lésions (cou, poumon, jambes…).

« Au début, on a cru que c'était des pétards », explique le couple. « Mais mon pied partait dans tous les sens », explique Elisabeth. Martin la prend alors dans ses bras. La transporte jusque dans le Press Shop voisin. « J'étais dans l'énergie, je ne pensais à rien. La commerçante a fermé a clé. La police nous a dit que les secours allaient arriver. Dehors c'était la confusion. On a attendu longtemps ». Ils sont finalement transportés en ambulance. Elle à Herstal, lui à Maastricht. « Les réseaux GSM étaient saturés. On ne parvenait à joindre personne ». Quand vient la délivrance pour les parents, les amis. Puis les soins et les sutures. Puis les retrouvailles.

Au printemps, Martin et Elisabeth iront en voyage de rhétos en Egypte. « Et aux portiques de l'aéroport, ça va sonner », s'esclaffent les amoureux. Avant d'échanger un geste tendre sous le regard de leur famille soulagée.

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[7] uffi dit le 16/12/2011, 15:40

Les faits: dans un procès...après une longue analyse et l'ecoute de tous, avec le respect maximum des droit de la defense, il y a jugement, avec definition des peines...et explication du pourquoi de tout. Apres tout recour possible...EXECUTION. Apres un bref periode, en application de la loi sur l'application des peines..3 monsieurs decident, sans recours, ni rien ...de tout changer....car ils jugent comme ça....et voilà, tout le travail du procés etc...en miettes.Ca vaut rien. Pour moi, pas tourner autur du pot. La loi du tribunal des application des peines est malfaite. Il faut l'annuller tout de suite (pour arreter les degats) et en faire une autre. SERIEUSE, cette fois. Quoi? est une loi de la souriante Dame Laurette? Oooops...J'ai tout compris et je n'ai rien dit...... De toute façon la democratique censure de lesoir va frapper.... Dans combien de secondes?

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[6] JoHa dit le 15/12/2011, 16:43

@ youkiBOBO C'est peut-être vrai que la libération conditionnelle fonctionne à 95 %. Mais, d'une part, c'est le genre de statistiques que l'on manipule comme on veut. Et, d'autre part, même si c'est vrai, 5 % d'erreur c'est énorme ! C'est comme si votre voiture refusait de démarrer une fois sur 20, c-à-d tous les 3-4 jours ! Alors d'accord avec vous. La justice a tout intérêt à faire profil bas dans cette affaire. Au moins, contrairement à ce que martèle C. Panier à longueur d'interview, la Cour d'assises permet de rendre une justice correcte, grâce précisément à la prépondérance du jury populaire sur la justice professionnelle.

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[5] youkiBOBO dit le 15/12/2011, 16:12

Er pendant ce temps là , ............. ( suite) Donc , si nous voulons les suivre, les 5% restants sont à risquer parce-que c'est ce qui caractérise notre démocratie : 05 morts à ce jr. et 125 blessés donc négligeable sic./

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[4] youkiBOBO dit le 15/12/2011, 16:10

Et pendant ce temps là , d'autres s'évertuent à nous faire croire : Christian PANIER & Marc Preumont sur la radio (RTBF) de ce matin persistent et signent sur la 1ere à 08h'45". ces derniers s'obstinent à affirmer sur nos antennes (publiques) que les conditions dans lesquelles la libération conditionnelle s'effectue fonctionne à 95%. Ils continuent à s'enfermer dans leur raisonnement et leurs certitudes et refusent l'évidence même de constater avec la population après ce terrible événement que si Nordine AMRANI aurait dû purger sa peine comme prononcée par un tribunal, il n'aurait pu se trouver sur la Place ST. Lambert le jour du drame. Il a été libéré en octobre 2010 et 710jours restaient à effectuer ; faite le compte. Mais ces intellos bardés de diplômes pour lesquels ns. n'avons jamais voté (encore heureux ) continuent avec la complicité d'une radio publique à imposer leur idées qui relèvent plus de l'idéologie pure que d'un pragmatisme logique et évident partagé par une majorité de la population qu'ils essaient de museler. Donc , si nous voulons[...]

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[3] otelalex dit le 15/12/2011, 14:50

Hommage ... Les personnes décédées sont 5, ... pas 6 ! Ne mettons pas ce fou au même niveau que ses victimes ! Que les familles sachent que même les Belges de l'autre bout du pays ou du monde se sentent tous un peu Liégeois ! Oui les jeunes, à vous qui parliez et rigoliez en attendant un bus, à vous les victimes d'un taré, sachez que nous vous souhaitons de retrouver une partie de cette belle insouciance qui vous caractérise. Tenez bon ... !

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