Le « printemps arabe » en débats

PIERRE MOREL

vendredi 27 janvier 2012, 11:51

Liège. Débats, projections de documentaires, musique: ce samedi dès 13h au Théatre de la Place, on fait le bilan provisoire du printemps arabe et on s'interroge sur la progression de la démocratie. L'aussi célèbre que controversé islamologue Tariq Ramadan fait partie des invités.

Le « printemps arabe » en débats

Samedi à 14 h 30, Tariq Ramadan participera à un débat « Le printemps arabe, un an après » © Pierre-Yves Thienpont

En décembre 2010 débutait en Tunisie un mouvement de révoltes populaires contre plusieurs dictatures du monde arabe en Tunisie, Egypte, Libye, Bahreïn, Yémen et Syrie. Ce printemps arabe, toujours en cours en Syrie, a enivré le monde d'un parfum de liberté mais a débouché sur des résultats très variables. Une bonne année plus tard, le Centre culturel arabe en Pays de Liège (voir ci-contre) se propose de faire le point, ce samedi dès 13 h au Théâtre de la Place à Liège.

« On rassemble dans le même mouvement des élans de révoltes qui ont été très différents d'un pays à l'autre, souligne Nagi Sabbagh, président du Centre. Et qui ont produit des effets très variés et pas toujours très bien compris en Europe. Nous voulions donc en tirer un bilan. Regarder si et comment la démocratie a progressé dans ces pays. Se demander si le sort des gens est réellement en voie d'amélioration. Car ces révoltes n'étaient pas seulement dirigées contre les dictatures : c'étaient aussi celles du peuple contre la bourgeoisie. Or, il faut bien constater qu'à côté d'une semi-réussite comme la Tunisie, ce printemps arabe a été dans beaucoup d'endroits confisqué. »

La journée sera lancée, à 13 heures, par la projection de Chandelles à la Kasbah, un film documentaire de Rafik Omrani tourné pendant le printemps tunisien. À 14 h 30, place à un débat « Le printemps arabe, un an après », avec Tariq Ramadan et Hamma Hammami. Intellectuel et islamologue suisse d'origine égyptienne, le premier est un personnage célèbre et controversé, chantre intelligent d'un islam moderne mais accusé par certains de pratiquer un double langage. Face à lui un excellent contradicteur, un militant politique et syndical tunisien, longtemps enfermé dans les geôles du régime de Ben Ali et athée.

À 16 h 30 sera projeté une série de courts-métrages réalisés au cœur des manifestations de la place Tahrir au Caire avant, à 18 h, un deuxième débat « Vers quelles démocraties et dans quelles conditions ? », avec l'avocate et militante tunisienne des Droits de l'Homme Radhia Nasraoui et le professeur et journaliste, Pierre Piccinin. La journée se terminera en musique avec les concerts de Deeb et Al Bahth Al Moussiki.

Infos : www.ccapl.be ; 04-342.78.84.

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