Occuper les logements vides

JOEL MATRICHE

vendredi 03 février 2012, 11:47

Liège. Pour répondre à la vague de froid, la Ville réquisitionnera si nécéssaire des chambres d'hôtel pour loger les sans-abri. Le MR suggère de compléter ce dispositif par une mise à disposition des biens publics inoccupés.

Occuper les logements vides

La vague de froid pousse des sans-logis vers la caserne de la rue Saint-Laurent, mise à disposition chaque hiver par la Défense © Michel Tonneau

Les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités et montrer l'exemple, ont en substance asséné jeudi le député-bourgmestre (MR) de Hannut Hervé Jamar et Michel Péters, conseiller communal (MR) à Liège et administrateur de la Société wallonne du Logement. D'une main, ils pointent les sans-logis, dont la détresse est rendue plus grande encore par les jours et les nuits de grand froid qui se succèdent depuis le début de la semaine. De l'autre, ils balayent le parc immobilier des villes et communes, en partie inoccupé : « A Liège par exemple, précise Michel Péters, on ne compte pas moins de 51 immeubles publics inoccupés. Moyennant une rapide remise en état et un équipement minimal, ils pourraient rapidement être mis à la disposition de ceux qui en ont besoin. »

Au public donc, continue le conseiller communal, de « balayer devant sa porte avant de réquisitionner du patrimoine privé. » Nul besoin, estime-t-il, de montages juridiques compliqués pour garantir cette mise à disposition provisoire : « Nous proposons ici de recourir au commodat, ou prêt à usage (…) Il s'agit d'un contrat qui établit qu'un bien est prêté gratuitement, sous réserve qu'il soit rendu sans dommage à son propriétaire à une date convenue. » Un système qui permettrait donc de libérer rapidement et sans grands frais des logements d'urgence pendant l'hiver, voire de répondre à des situations de crise comme l'incendie d'une habitation privée.

Hervé Jamar et Michel Péters suggèrent d'élargir le commodat aux 320 appartements vides que comptent la Maison liégeoise et le Logis social. « La gestion de ces logements, continuent-ils, serait confiée à une ASBL, comme le Relais social, en collaboration avec le CPAS local, qui s'occuperait de l'état des lieux, des petites remises en état urgentes, de l'accompagnement social… »

Pour se faire entendre, l'un des libéraux va déposer une proposition de résolution au parlement wallon, l'autre une motion au conseil communal.

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