Le Port autonome reste à flot
PIERRE MOREL
vendredi 10 février 2012, 09:06
Economie. Les chiffres stables en 2011 malgré un désastreux second semestre. Le Port autonome de Liège a vécu une année 2011 contrastée, d'abord très bonne puis très mauvaise, surtout à cause de l'arrêt des outils sidérurgiques. La part de transport par voie d'eau continue à augmenter et le trafic de conteneurs explose. Et le port des yachts attire plus de touristes.
Le Port autonome de Liège représente près de 15 % du Produit intérieur brut de la province de Liège et procure plus de 10000 emplois directs © PAL
La crise, connaît pas ? N'exagérons rien. Mais malgré une année 2011 de tous les dangers économiques, le Port autonome de Liège (PAL) a maintenu le cap, subissant une très légère érosion de son trafic global (voir ci-contre). Il n'est toujours pas revenu à son niveau record d'avant crise, en 2008, mais compte tenu des circonstances, il tient bien le coup.
LES CHIFFRES 2011 DU PORT AUTONOME DE LIEGE
Le Port autonome de Liège gère, sur 32 sites différents entre Statte et Lixhe, 370 hectares de terrains portuaires (en comptant ceux du futur Trilogiport). Près de 120 entreprises y sont concessionnaires, qui fournissent 10.679 emplois directs et 16.000 emplois indirects. Le PAL représente à lui seul 15% du Produit Intérieur Brut (PIB) de la province de Liège et 3,4 % de celui de la Région wallonne. Il est le premier port intérieur belge et le troisième au niveau européen.
Trafic 2011. Il est en très légère baisse (- 0,54 %), avec 21,018 millions de tonnes transportées. Le trafic par voie d'eau, qui représente 74% du global, est, lui, en très légère hausse (+0,3 %) avec 15,503 millions de tonnes. C'est, surtout, la diminution du trafic par voie ferrée (de 1,8 à 1,5 million de tonnes) qui tire les chiffres vers le bas. Au PAL, on aime à rappeler que ces 15,5 millions de tonnes transportées par voie d'eau équivalent à 800.000 camions en moins sur les routes !
Sidérurgie. Quel est l'impact de la sidérurgie dans les chiffres du PAL ? Elle est responsable du plus gros (mais pas de la totalité) des transports de minerais et de charbon. Soit environ 1,5 million de tonnes en 2011. En 2008, alors que les deux hauts-fourneaux fonctionnaient, c'était 2,6 millions. Ceci dit, on pointe au PAL que la fermeture des hautsfourneaux va aussi créer une hausse de trafic, via l'exportation de coke (qui n'est plus consommée sur place, du coup) depuis Liège.
Port des yachts. Il enregistre ses meilleurs résultats : 1.600 bateaux, 5.581 touristes (+28 %) pour 4.901 nuitées (+39 %). P. MO.
« L'année 2011 a été marquée par deux périodes très différentes, explique le directeur Emile-Louis Bertrand. Le premier semestre fut très bon mais le deuxième a été marqué par une importante érosion des trafics portuaires. Notamment à cause de la fermeture des outils de la phase à chaud de la sidérurgie liégeoise mais aussi d'un ralentissement global de l'activité économique. »
Dans un contexte difficile, si le PAL parvient à présenter ce qui reste le quatrième meilleur résultat de son histoire, c'est grâce à la diversification de ses activités. Ainsi la nette baisse du transport de charbon (- 13 % par rapport à 2010) ou minerais (- 19 %) est compensée par la hausse des produits agricoles (+ 15 %), surtout vers l'usine de Biowanze, des produits chimiques (+ 29 %) ou minéraux non-métalliques (+ 8 %). Et la part du trafic par voie d'eau (74 %) continue à augmenter dans le trafic global, au détriment principal du train.
Par ailleurs, le trafic de conteneurs, parent pauvre de l'activité portuaire à Liège, connaît enfin une hausse significative (+ 64 %) grâce au dynamisme des deux terminaux à conteneurs liégeois à Monsin et Renory. Le PAL espère que le projet de Trilogiport, la plateforme multimodale de Hermalle-sous-Argenteau, viendra enfin un jour faire réellement exister ce trafic à Liège : alors que 30.000 conteneurs (en « Équivalent Vingt Pieds », EVP) ont transité au PAL en 2011, le trafic estimé du Trilogiport est de 200.000 EVP !
« Nous espérons une mise en service vers la mi-2015, soupire Willy Demeyer, président du PAL. Bien sûr, il faut respecter les riverains et l'environnement mais les procédures sont hélas bien trop longues et complexes pour nous permettre de relever les défis économiques qui sont ceux que la population attend que nous relevions ! »
Enfin, le PAL se réjouit également d'enregistrer son meilleur résultat historique au port des yachts : non seulement les plaisanciers y sont de plus en plus nombreux mais ils y passent plus de nuitées, ce qui est bon pour le tourisme.
