Les kayakistes entre deux eaux
NICOLAS DRUEZ
mardi 06 juillet 2010, 11:23
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Province de Luxembourg. Certains tronçons de rivière sont interdits à la navigation. Cette fermeture a de lourdes conséquences financières pour les loueurs. L'arrêté Lutgen est en vigueur depuis un an.
Ils ont dû dire « non » ce week-end, mais pour des motifs différents. Entre la Lesse, la Semois et l'Ourthe, les loueurs de kayaks ont connu des fortunes diverses.
Du côté de Dinant, c'était la toute grande foule, au point de refuser des touristes. A La Roche, faute d'eau dans la rivière, les embarcations sont restées à quai. Certains tronçons ont déjà été fermés, à cause des conditions climatiques de ces dernières semaines. Un coup dur : l'interdiction intervient au début des vacances.
Depuis le 1er juillet 2009, un nouvel arrêté régional pour la circulation des kayaks est d'application au sud du pays. Le texte, après quelques mois de rodage, produit véritablement ses effets cet été. L'ambition du père de l'arrêté, le ministre Benoît Lutgen (CDH), était de remettre de l'ordre dans le secteur et de garantir la biodiversité dans les cours d'eau wallons. Bref, définir des règles claires, sans oublier de veiller à une meilleure cohabitation avec les pêcheurs. Le document instaure entre autres des horaires, des débits seuils et une signalétique uniforme.
« Les mesures d'interdiction collent à la réalité, même si elles s'apprécient différemment en fonction des cours d'eau », indique Joseph Charlier, président de la Fédération des loueurs de kayaks et patron de Durbuy Adventure.
« Nous avons tout intérêt à jouer la carte de la protection de la nature. Et puis, proposer une descente de rivière pendant laquelle le client doit sortir tout le temps de son kayak, ça n'a pas de sens. En début de saison, c'est évidemment plus rare de vivre pareille situation. »
Le système aujourd'hui en place tient la route, selon le cabinet du ministre. « Les stations de mesure des débits fonctionnent très bien, signale Audrey Jacquiez, porte-parole de Benoît Lutgen. L'information arrive rapidement, soit via internet, le numéro vert et fax. » Sur le terrain, au fil des changements, des agents de la Division Nature et Forêts sont chargés d'adapter les panneaux. « Les décisions sont prises suite au débit enregistré les 72 dernières heures », précise Audrey Jacquiez.
Les conséquences de l'arrêté sont encore difficilement mesurables, notamment le nombre de jours de fermeture des tronçons. « Nous ne pouvons pas établir de comparatif avec les années précédentes, car le système n'a qu'un an » conclut Audrey Jacquiez.
