Dinant va fusionner avec Godinne

ERIC BURGRAFF

mercredi 08 février 2012, 12:09

Province de Namur. Les cliniques universitaires de Mont-Godinne annonent leurs fiançailles avec le Centre hospitalier de Dinant. Négociations toujours en cours mais le mariage devrait être consommé au printemps prochain. Cette fusion préconise un grand rapprochement avec Saint-Luc et Sainte-Elisabeth.

Dinant va fusionner avec Godinne

Le dossier 2011 pour Mont-Godinne c’était l’ouverture de sa nouvelle aile L’année 2012 sera, elle, marquée par le mariage entre l’hôpital universitaire et l’hôpital généraliste de Dinant ©

Ce n'est plus qu'une question de quelques mois. Deux peut-être. A l'issue desquels les cliniques universitaires UCL de Mont-Godinne et le centre hospitalier de Dinant ne feront plus qu'une seule et même institution.

Cela fait deux ans que les deux partenaires préparent la noce, sereinement et discrètement. Ils suivent ainsi un mouvement entamé un peu partout dans le pays : le rapprochement entre institutions au nom des économies et de la continuité de l'accès aux programmes de soins dans le cadre de normes de santé publique de plus en plus exigeantes. Charleroi a montré l'exemple voici plusieurs années. Namur l'a fait fin 2011 avec la fusion entre les CHR de Sambreville et de Namur tandis que le Luxembourg a vécu, en 2008, l'intégration de tous ses hôpitaux publics dans Vivalia.

« Malgré nos 435 lits, nous considérons que nous sommes trop petits pour envisager l'avenir avec sérénité, indique le professeur Patrick De Coster, médecin-directeur des CHU Mont-Godinne. Il faut 600 – 700 lits pour être viable désormais ». Avec les 240 places de Dinant, la nouvelle institution aura donc le poids suffisant.

Cela étant, cette fusion comporte une innovation fondamentale par rapport aux processus entamés dans d'autres régions : on marie une structure universitaire composée de médecins salariés avec un hôpital généraliste où travaillent des médecins indépendants. La discussion de ces derniers mois entre les partenaires a donc notamment porté sur le respect des statuts de chacun. Les conseils médicaux ont été associés de près à l'opération. Pour l'heure, des questions restent ouvertes et c'est pour y apporter les réponses adéquates que les institutions s'octroient une période de fiançailles avant la noce. « Nous nous donnerons le temps qu'il faut pour aboutir, précise à cet égard le professeur De Coster. Nous ne passerons pas en force. Nous n'irons pas à la fusion tant que nous n'aurons pas un avis renforcé favorable de chacun des deux conseils médicaux ».

Concrètement, la fusion sera d'abord économique : un seul gestionnaire mais deux hôpitaux avec numéros d'agrément distincts. Sur le plan juridique, le CHD (porté par les Mutualités chrétiennes de Dinant et l'ASBL Providence des Malades) d'une part, et le CHU Mont-Godinne (Mutualités chrétiennes fédérales et UCL) d'autre part, ne feront plus qu'une ASBL. « Malgré la différence de lits, les parts seront réparties 50/50 dans la nouvelle structure, car ce qui nous intéresse c'est le projet, pas le pouvoir ». A courte échéance, pas de changement pour le patient. « Par contre, les services seront amenés à collaborer entre eux de façon progressive. On laissera aux médecins le soin de construire le plan médical à leur rythme ».

Cette fusion n'est vraisemblablement qu'une étape vers le regroupement de tous les hôpitaux d'obédience chrétienne en province de Namur. Pour l'heure, Sainte-Elisabeth et Saint-Luc à Bouge négocient eux aussi une fusion. Laquelle pourrait déboucher, à moyen terme, sur un nouveau mariage avec la structure Dinant/Mont-Godinne.

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