JEAN-LUC BODEUX

vendredi 10 février 2012, 09:24

L'hôpital aigu est (presque) bouclé. L'hôpital d'Arlon a inauguré sa dernière aile, sur cinq étages, pour la dialyse, la néphrologie, la neurologie, la gériatrie, la chirurgie orthopédique et l'oncologie. Cela clôture en grande partie la restructuration des cinq cliniques du sud, entamée il y a lus de 20 ans.

Les chambres de la nouvelle aile disposent toutes d’un écran tactile sur bras articulé permettant aux patients d’accéder facilement à la télé, à des jeux, au téléphone ou à Internet © D R

A l'hôpital d'Arlon, juste au-dessus du parking, on ne peut rater la nouvelle aile « D ». Cette dernière née fonctionne depuis quelques mois, mais ce jeudi était le jour de l'inauguration officielle. L'occasion pour le directeur général Philippe Vincent, qui prendra sa retraite fin du mois, de signaler que le long processus de restructuration des cinq hôpitaux des arrondissements d'Arlon et de Virton prend fin avec cette aile. « Nous avons retrouvé l'équilibre financier en 2008, alors qu'on faisait 4 millions de déficit, en fermant trois blocs opératoires sur quatre, trois maternités sur quatre et deux services de soins intensifs. Tout le sud se retrouve sur deux sites avec un hôpital de soins aigus à Arlon et un de revalidation à Saint-Mard. Avec cette aile, nous ajoutons 4.000 m2 de services hospitaliers dans cet hôpital qui en compte désormais 32.000, pour une capacité de 368 lits. Le montant de ce nouvel investissement se situe à 13,2 millions d'euros. » Dont 10 % de subsides, le reste étant réalisé sur fonds propres de Vivalia.

IL L’A DIT

« Vivalia n'aura un avenir que si les médecins travaillent ensemble. En suivant l'exemple du pool de médecine interne, je leur dis : n'ayez pas peur de vous unir. Un pool comme le nôtre doit pouvoir dialoguer avec des services structurés et non pas avec des médecins isolés dans leurs sous-spécialités. N'ayez pas peur de collaborer entre hôpitaux mais en respectant les engagements pris. Aux hôpitaux du nord, n'ayez pas peur de vous rationaliser comme ce qui a été fait dans le sud. Aux médecins des CSL, n'ayez pas peur d'un hôpital unifié dans le nord. N'ayez pas peur non plus de développer des collaborations transfrontalières, c'est la clé de l'avenir. Aux hommes politiques dirigeant Vivalia, ne pensez pas aux prochaines élections et n'ayez pas peur de créer des structures rationalisées permettant aux médecins de travailler ensemble en favorisant ceux qui acceptent de le faire au détriment de ceux qui veulent travailler en solo, à leur seul profit. Il en va de la survie de Vivalia qui ne pourra pas être qu'une uxtaposition de bâtiments. » DR PASCAL PIERRE, CHEF DE SERVICE DE MÉDECINE INTERNE.

Au total, ce sont 158 millions d'euros de travaux que le gouvernement wallon a décidé d'engager en 2008 pour les hôpitaux luxembourgeois.

Une restructuration qui se termine ? Pas sûr, à entendre le docteur Paul Deldime, directeur médical des Cliniques du Sud, qui n'a pas manqué de signaler à Jacques Gennen, représentant de la ministre Eliane Tillieux, excusée, qu'un dernier bâtiment « F », au-dessus des urgences, permettrait à l'avenir d'étendre les surfaces techniques des médecins, très à l'étroit actuellement. Le projet existe de fait bel et bien. Mais on n'en est pas encore là…

Enfin une unité stérile

Cette aile « D », construite et prolongée sur un bâtiment de deux niveaux, abrite désormais la cuisine au rez, comme auparavant, la dialyse au premier étage, la néphrologie, l'endocrinologie-diabétologie et neurologie au second, la gériatrie au troisième, la chirurgie orthopédique au quatrième et la gastro-entérologie au cinquième, sans oublier le service d'oncologie « qui est le maillon fort du programme de soins transversal de Vivalia, intégrant la radiothérapie sur le site de Libramont », notera, par la voix du vice-président Alain Deworme, le président Patrick Adam, absent pour cause de… mauvaise grippe.

On trouvera notamment au 5e étage des chambres stériles et une chambre blindée, unique en Luxembourg, censées prendre en charge leucémies, greffes de moelle, aplasies médullaires ou des patients qui suivent un traitement par injection de substance radioactive.

L'hôpital d'Arlon a en 15 ans fait beaucoup de chemin mais, rappellera le Dr Vincent Delrue, président du conseil médical des CSL, « les médecins du sud ont accepté de participer à l'aventure Vivalia en contrepartie de l'obtention de programmes de soins plus pointus. Il faut que Vivalia obtienne un programme de cardiologie complet, il faut organiser entre autres un pôle neurosciences et obtenir un agrément pour un « pet scan ». Or, pour la plupart d'entre eux, nous attendons toujours. »

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