Hoyos-Barzin, en douceur
mardi 19 mai 2009, 11:16
Série (3/8) Huit duels en vue des régionales du 7 juin. Emily Hoyos (Ecolo) et Anne Barzin (MR), têtes de liste dans l'arrondissement de Namur, pour un débat plein de respect, entre deux fortes en thème.
Pas besoin de sétriper pour faire un bon débat
Si vous pensez toujours que, pour s'imposer en politique, les femmes doivent être pires que les mecs, c'est que vous en êtes resté à Laurette, Joëlle ou Sabine.
Prenez Emily Hoyos et Anne Barzin, à peine trentenaires et déjà têtes de liste dans le principal arrondissement de la province de Namur. La première avec toute l'assurance que lui donne une future maternité, la seconde toute de fermeté malgré une apparence fragile ont démontré pendant plus d'une heure d'échanges qu'elles pouvaient être adversaires sans éprouver le besoin de s'étriper.
Pas de slogans basiques, pas de fausses indignations, pas d'agressivité feinte pour soutenir leur discours. Juste un respect mutuel, presque de la prévenance, par moments. Et surtout une belle connaissance des dossiers. Les (jeunes) femmes sont l'avenir de la politique namuroise.
Emily Hoyos Ecolo - 32 ans Parcours. Cette romaniste s'est fait connaître avant même de décrocher son diplôme en occupant la présidence de la fédération des étudiants francophones.
Anne Barzin MR - 33 ans Parcours. Juriste, elle est tombée toute petite dans la politique. Elle se présente pour la première fois aux communales à l'âge de 19 ans et elle est élue... Depuis, elle est devenue députée.
Deux femmes têtes de liste pour l'arrondissement de Namur : la fin du machisme en politique ou un effet de marketing ?
Hoyos. En tout cas pas un effet marketing ! Chez Écolo, pour la confection des listes, il y a des candidatures et ce sont les militants qui décident. Que je sois une femme ou un homme, ça ne change pas grand-chose. Cela dit, je me réjouis que sur l'arrondissement de Namur, on ait des têtes de liste paritaires. Comme les quatre têtes de liste devraient être élues, on va renforcer la parité au parlement wallon.
Barzin. Cette parité, c'est sympa. Mais ce n'est pas la première fois que je suis tête de liste. En outre, il me semble aussi important de souligner que les quatre têtes de liste ont moins de 35 ans, signe d'un certain renouvellement. Et je pense que nous sommes le seul arrondissement dans ce cas de figure.
Pour améliorer la mobilité dans l'arrondissement de Namur, faut-il plus de pistes cyclables ou plus de voiries carrossables ?
Hoyos. Sur l'arrondissement de Namur, moi je pointerais deux enjeux en particulier. Le premier, c'est qu'il faut désengorger la cuvette, le centre de Namur. Notre souhait, à moyen terme, c'est de mettre autour de la table l'ensemble des acteurs de la mobilité, pour avoir une sorte de RER namurois qui permettrait de tirer profit de toutes les petites gares que l'on a autour de Namur. Deuxième enjeu, renforcer l'offre de transports en commun entre les villages.
Barzin. Les deux. Mais aussi une meilleure offre de transports en commun, notamment pour desservir les zones rurales. Il y a aussi tout ce qui concerne les chemins de fer avec l'amélioration de la ligne 162, par exemple. C'est aussi mieux lier les différents modes de transport parce que l'on voit qu'il y a encore régulièrement des problèmes de correspondance pour ceux qui prennent le bus puis le train.
La province de Namur se dit souvent oubliée lors de la distribution des subsides. Problème de politisation des dossiers ou faiblesse du lobbying namurois ?
Hoyos. C'est en tout cas la preuve qu'il y a une série de décisions qui sont prises au niveau de la Région wallonne et de la Communauté française sur base de critères qui ne sont pas objectifs. Nous, que ce soit en matière culturelle, en matière de développement économique et autres, nous voulons qu'il y ait des critères objectifs de distribution des subventions publiques. Ça ne veut pas dire par ailleurs, sur Namur, qu'il n'est pas aussi important de se serrer les coudes.
Barzin. C'est vrai que l'on doit avoir un plus grand lobbying du côté namurois comme on le voit par exemple à Liège, tous partis confondus. Mais par rapport à la distribution des subventions publiques, si on prend l'exemple des fonds structurels européens, il y a quand même eu un souci : dans certains axes, les communes d'Ans et de Herstal ont reçu plus que les provinces de Namur, Brabant wallon et Luxembourg réunies. Il est temps d'objectiver les critères.
Face au manque de places dans les crèches, la solution c'est quoi ? Que les femmes retournent à la maison ?
Hoyos. Nous, on privilégie pour l'avenir de maintenir le cap suivi sous cette législature en termes d'ampleur de places à ouvrir mais d'être aussi attentif à la qualité et au type de places. D'ouvrir, par exemple, des places d'accueil de proximité plutôt que de devoir faire déplacer les parents ou encore développer l'accueil d'urgence.
Barzin. Au cours de cette législature, il y avait sept ministres qui s'occupaient d'une manière ou d'une autre de la petite enfance. Nous, on souhaiterait qu'il n'y en ait qu'un. De manière plus générale, sous cette législature, on a fait beaucoup de choses pour l'accueil subventionné mais très peu pour l'accueil non subventionné comme les maisons d'enfants, les accueillantes autonomes, et nous pensons qu'il faut aussi les aider
Pénurie de médecins dans nos campagnes. Manque de spécialistes dans nos hôpitaux. Sus au numerus clausus ?
Hoyos. Il faut d'urgence quitter ce système de quotas fixé un peu à vogelpik au niveau fédéral. En attendant, des décisions ont été prises dans l'urgence par la Communauté française. Mais je rappelle qu'Écolo a déposé depuis des années des propositions de résolutions pour lever le numerus clausus afin que la Communauté française ne soit pas complice de la catastrophe sanitaire vers laquelle on va. On se réjouit que cela ait été fait. Maintenant, il faut que cela suive au niveau du fédéral.
Barzin. Pour nous, c'est l'un des gros échecs de la législature sortante. Il faut absolument revoir les quotas du fédéral. Mais tant que ce n'est pas fait, on ne peut pas se permettre de supprimer une épreuve sous peine de voir des étudiants faire un cursus de médecine sans savoir s'ils pourront exercer. En attendant la révision des quotas, nous pencherions donc pour un examen d'entrée.