Cancellara, soupçonné de dopage mécanique : « Une histoire idiote »
Rédaction en ligne
mardi 01 juin 2010, 16:43
Le Suisse Fabian Cancellara, visé par une vidéo diffusée sur Youtube, a qualifié d’« histoire idiote » l’hypothèse d’avoir utilisé un vélo équipé d’un moteur électrique dans ses victoires au Tour des Flandres et à Paris-Roubaix.
« C’est tellement fou que je n’ai pas de mots. Je n’ai jamais eu de batteries sur mon vélo », a déclaré le champion olympique du contre-la-montre, dans des propos relayés par les médias belges.
Mais l’Union cycliste internationale (UCI) a prévu de prochains contrôles des vélos, dès le Tour de France, afin de trouver une parade à une éventuelle utilisation.
Selon son inventeur hongrois, cité dans un film tourné par l’ancien coureur Davide Cassani, devenu consultant à la RAI (télévision publique italienne), ce vélo doté d’une batterie cachée, au bruit très réduit, aurait déjà fait le bonheur de plusieurs coureurs du peloton international.
« C’est assez drôle mais ça prend une ampleur telle que ce n’est plus le cas, c’est une histoire triste et vraiment scandaleuse. Rassurez-vous, mes réalisations sont le fruit d’un travail de dur labeur », a déclaré Cancellara, qui avait dominé début avril le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, deux des grandes classiques du printemps.
« Il n’y a aucun cas Cancellara », a affirmé l’UCI, peu de temps après que Jean Wauthier, le spécialiste du matériel de la fédération internationale, eut indiqué qu’« aucune enquête ne sera ouverte sur Cancellara ».
« De quoi faire naître un doute » S’il a reconnu l’impuissance a posteriori d’un contrôle technique (« S’il y a eu fraude, on ne peut pas le prouver »), le responsable technique a précisé au quotidien belge Het Laatste Nieuws que l’utilisation de ce vélo par Cancellara était peu probable : « Le risque est tout simplement trop grand. Pour lui, son équipe et le fabricant du vélo. Un champion comme Cancellara ne prendrait pas ce risque. » Du côté de Quick Step, l’équipe de Tom Boonen qui a dû s’incliner face à Cancellara dans les deux classiques, le soupçon a filtré dans les réactions même si si le principe de la présomption d’innoncence et la qualité du coureur suisse sont rappelés.
« Le film sur Youtube a de quoi faire naître un doute. Mais je reste convaincu que Fabian a réalisé sa performance avec sa seule force », a estimé Wilfried Peeters, directeur sportif.
« Ce film, je l’ai regardé avec méfiance. Imaginez que cela est vrai, alors c’est du pur vol. Pire que de la drogue », a renchéri le manager Patrick Lefevere en ajoutant : « Je ne participe pas aux rumeurs, et j’essaie de ne pas être « parano ». Mais maintenant, j’ai vu le film de Cassani, et j’espère que l’UCI examine la question à fond. » « Il est clair que nous allons être obligés d’accélérer (nos recherches) pour trouver la manière de scanner les vélos. Jusqu’à présent un tel contrôle n’a jamais eu lieu », a reconnu Jean Wauthier.
Il a précisé que l’UCI a adopté son règlement après avoir vu en 2005 « les premiers brevets (concernant ces types de moteurs électrique) sortir sur le marché » : « Nous avons mentionné explicitement que toute forme d’aide motorisée est interdite. » Le spécialiste du matériel a même évoqué un autre danger : « Nous sommes aujourd’hui confrontés à des systèmes avec batterie. Mais nous savons que des mécanismes sans piles, fonctionnant au photovoltaïque, sont actuellement expérimentés. Nous devrons être prêts là aussi ».
(afp)