Affaire Contador : pourquoi une si longue procédure ?
STEPHANE THIRION
lundi 06 février 2012, 12:52
Il aura fallu presque de 18 mois pour savoir si Contador allait être suspendu ou non. Une procédure longue et qui a parfois créé un malaise dans le peloton…
©afp
Au départ de « l’affaire Contador », un fait : un contrôle positif au clenbutérol. Dans tous les cas de figure, dès l’annonce de la « positivité » de l’échantillon B, c’est rupture de contrat avec l’employeur et deux ans de suspension.
Mais les échantillons ont révélé une quantité extrêmement faible de clenbutérol, et donc, une hésitation sur la prise du produit de manière délibérée. La défense de Contador a d’ailleurs prétendu que le coureur a ingurgité une viande contaminée au clenbutérol. Dans l’autre camp, il y a une hypothèse, celle émise par l’UCI et l’AMA après une longue étude du dossier : celle d’une transfusion sanguine qui justifierait le contrôle positif.
La fédération espagnole suspend puis se rétracte
Voici un an, la Fédération espagnole de cyclisme avait d’abord proposé une année de suspension avant de se rétracter et de blanchir le Madrilène. La nouvelle avait surpris le président de l’Union cycliste internationale, Pat McQuaid, alors qu’il était présent au Tour d’Oman où il avait déclaré : « Je ne doute pas du travail accompli par la fédération espagnole à notre demande mais j’ai interpellé son président pour qu’il envoie une copie de son rapport. »
25 pages traduites par les services juridiques de l’UCI en collaboration avec l’AMA. Un mois plus tard, le 24 mars, l’UCI et l’AMA déposent un recours au TAS en s’opposant à l’acquittement de l’Espagnol. Ce qui signifie, en fonction des règlements antidopage, une demande de suspension de deux ans.
Cette annonce mit le peloton très mal à l’aise car le TAS, on l’a vu, ne s’exprime pas dans l’urgence. Et Contador put ainsi en toute impunité se présenter au départ du Giro et l’y gagner face à des concurrents qui se demandaient, pour la plupart, comment il pouvait être au départ. Les organisateurs du Tour, eux, gardaient l’espoir d’éviter une rafale médiatique au départ de Vendée dès l’instant où le TAS avait indiqué qu’il rendrait son verdict à la mi-juin.
Ce qui ne fut pas le cas. Chacun s’accommoda donc de la participation du Madrilène au Tour où la domination qu’il avait affichée dans les montagnes du Giro s’avéra nettement moins évidente face à Cadel Evans et aux frères Schleck.
Sa saison se termina d’ailleurs pratiquement là. Psychologiquement, l’homme vécut une période compliquée, cela tombait sous le sens !




















