Tour d’Oman : Andre Greipel débarque et gagne

STEPHANE THIRION

mardi 14 février 2012, 19:02

Absent du Tour du Qatar (malade), l’Allemand de l’équipe Lotto-Belisol a d’emblée trouvé ses repères à Oman où il s’est imposé de manière magistrale dans un sprint royal. Par notre envoyé spécial Stéphane Thirion

Tour d’Oman : Andre Greipel débarque et gagne

© AFP

Lorsqu’il quitta la présentation officielle de sa formation Lotto-Belisol, début février, Andre Greipel, revenu coiffé de trois succès d’étapes au Tour Down Under fut saisi d’un refroidissement. Affaibli, il dut renoncer la mort dans l’âme à sa participation au Tour du Qatar où il rêvait de se frotter à ses concurrents dans les sprints. « Car tout le monde craignait le jet-lag avec l’Australie et le fait que je n’aurais jamais pu récupérer pour le Qatar mais pas moi. J’ai bien géré ma journée d’avion, je me sentais frais. Je n’ai pas eu de chance, expliquait-il après l’arrivée de la première étape du Tour d’Oman. Au Qatar, ses équipiers avaient animé la course avec leurs moyens, en se plaçant pratiquement chaque jour dans les échappées. « Mais c’était difficile sans notre sprinter numéro un, avoue Jonas Van Genechten. Nous étions pourtant dans les sprints mais il manquait un petit quelque chose pour aller titiller Cavendish ou Boonen, sans doute la fraîcheur après avoir dépensé beaucoup d’énergie dans les éventails. »

Ici, il n’en fut pas question. Au bout d’un interminable cortège de 120 kilomètres sur une autoroute, animé par une échappée de vaillants éclaireurs dont Ignatiev, repris à 8 bornes du but fut le plus téméraire, un virage à gauche amorçant un changement radical de direction du vent vint secouer un peloton sans doute endormi par la monotonie de l’expédition et la chute, dans un cas comme celui-là, est rarement évitable. « J’ai eu très peur, avoua Tom Boonen qui vit son équipier allemand Bert Grabsch s’écrouler trois vélos devant lui. Je me suis jeté sur le côté gauche et j’avais la sensation que ma roue arrière allait se dérober. Quand je dis très peur, c’est très peur ! L’ancien vainqueur du circuit Het Nieuwsblad Sebastian Langeveld fut la principale victime de cet écroulement collectif même s’il souffrait de blessures douloureuses mais superficielles.

La suite et la conclusion avaient déjà été prises en main par l’équipe Lotto. A 25 bornes du but, c’est elle qui se montra la plus active dans la poursuite, nettement plus en tout cas que les Garmin de Farrar ou les GreenEdge de Goss. « J’avais pour mission d’assurer le rythme derrière les échappés avec Lars Bak, poursuit Van Genechten. C’était épuisant, je me suis donné à fond. Greipel avait donné ses directives par rapport à son « train », il a choisi les coureurs qui étaient déjà la saison dernière, j’estimais cela logique. »

Emmené par Sieberg puis Henderson en rampe de lancement sur un kilomètre en léger faux-plat montant, l’Allemand s’est offert son quatrième bouquet en moins de trois semaines, de quoi alimenter le compteur de sa formation et de réjouir toute son équipe sortie un peu déçue du Qatar. « Quand je gagne un sprint, je réponds toujours que je termine le travail d’un groupe et ce groupe, franchement, est fantastique, dit-il. Nous avons encore quelques réglages à corriger mais Lotto-Belisol a engagé beaucoup de jeunes, ils doivent s’adapter, j’estime qu’ils apprennent toutefois vite. »

Greipel n’est pas un ingrat : il vint embrasser, un par un, ses sept équipiers, avant d’aller chercher le maillot rouge de leader sur le podium protocolaire.

Galimzyanov deuxième, Ignatiev repris à 8 bornes du but, c’était moins drôle pour Katusha, peu récompensée par ses efforts. Cavendish, à peine rétabli de ses blessures suite à sa chute lors de la dernière étape au Qatar n’a pas sprinté. Quant à Boonen, il opéra un mauvais choix. « J’ai pris un train à droite, Greipel était à gauche mais il était parfaitement emmené par Henderson. Ils m’ont débordé à une vitesse incroyable, il n’y avait rien à faire. C’est le charme du sprint, vous ne pouvez jamais être sûr de votre coup, il faut chaque fois remettre l’ouvrage sur le métier. Les Lotto auront une mission plus compliqué ce mercredi, entre Sur et Wadi Dayqah Dam (140 km) sur un parcours qui ressemblera à celui de la première étape. « Car nous allons devoir défendre le maillot rouge, termine Van Genechten. On risque de devoir rouler longtemps devant mais je suis content, mon apprentissage se déroule à merveille. »

Vos réactions

Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir