Tour d’Oman : il y a du Gilbert en Sagan

Rédaction en ligne

mercredi 15 février 2012, 19:30

Au terme d’une étape au relief accidenté dans ses derniers kilomètres, le Slovaque a confirmé son explosivité dans les bosses courtes et raides. Mais Greipel, 10ème, a bien résisté. Par Stéphane THIRION, de notre envoyé spécial à Wadi Dayqah Dam

Tour d’Oman : il y a du Gilbert en Sagan

©BELGA

Pour la première fois depuis qu’ils sont dans les parages du golfe Persique, les coureurs ont dû changer de développement. Le tracé de la deuxième étape proposait quelques côtes bien pentues qui nécessitaient quelques réglages au guidon ce qui n’a pas été simple pour les costauds de l’emballage contraints à négocier la fin à plusieurs longueurs des plus forts dont le Slovaque Peter Sagan, au registre assez complet malgré son jeune âge. Le coureur de Liquigas a fait parler la poudre en se hissant avec maîtrise au sommet d’un mur qui précédait une arrivée sur le plat. Le travail qu’il avait accompli en amont ruina les chances de ses adversaires parmi lesquels l’expérimenté Baden Cooke, 34 ans, vint accrocher la deuxième place et son cadet de 12 ans Tom Slagter, la troisième. Le Néerlandais de Rabobank, un pur grimpeur, pourrait constituer la grande surprise de ce Tour d’Oman compte tenu des profils qui se présentent mais nous n’en sommes pas encore là. Slagter, ce nom ne dit sans doute rien à la plupart mais ce jeune homme qui s’était signalé par une quatrième place au Tour de l’Avenir 2010 avant de passer professionnel tomba deux jours après la chute mortelle de Wouter Weylandt au Giro. Inanimé sur la chaussée, il fut emmené inconscient dans l’ambulance et le Tour d’Italie, ce jour-là, crut à une malédiction. Victime d’une grave commotion cérébrale, il s’en remit lentement.

Nettement devant lui, c’est un autre coureur de la nouvelle génération qui a mis les choses au point. Peter Sagan, 22 ans, est certainement l’élément le plus doué de sa catégorie. Sprinter, puncheur, grimpeur, il sait tout faire. Beaucoup le comparent d’ailleurs à Philippe Gilbert même si le Slovaque a établi son palmarès déjà bien fourni sur les courses par étapes : deux victoires partielles à Paris-Nice à 20 ans, trois étapes du Tour d’Espagne l’année dernière, entre autres. « Je dois m’améliorer dans les courses d’un jour mais cela viendra avec l’âge, disait-il mercredi. Milan-San Remo, par exemple, m’a plus en 2011. Je découvrais, il ne faut pas tout me demander mais c’est une course qui me sied parfaitement. Celle que je préfère, c’est Paris-Roubaix mais on me dit que je suis encore trop jeune. Je serai en revanche au Tour des Flandres. »

L’œil pétillant d’ambition, Sagan n’a peur de personne, c’est une évidence. Dans la dernière montée qui précédait l’arrivée, il eut, outre le concours de ses équipiers parmi lesquels Vincenzo Nibali en personne, un coup de main de son compatriote Peter Velits (Omega Pharma – Quick Step) qui chauffa le goudron en premier avant d’être repris par Sutton puis Cooke. Du caviar pour Sagan bien calé dans les roues avant d’émerger avec une rare facilité.

« Je ne suis pas certain que Sagan puisse déjà s’imposer dans une classique comme Liège, disait l’autre jour Philippe Gilbert mais il a toutes les qualités pour me battre, c’est évident. Le plus tard possible j’espère ! »

Le Slovaque est d’ailleurs très surpris quand on lui parle de Gilbert. « C’est vrai que j’ai plus d’aptitudes, a priori, pour les courses par étapes. Au Qatar, c’était ma première course, je suis venu avec la volonté d’acquérir du rythme dans la perspective du Tour d’Oman. J’avais vu sur les cartes que plusieurs étapes pouvaient me convenir. Cela dit, quand je vois comment un champion comme Nibali s’est sacrifié pour moi, je me dis que j’ai eu beaucoup de chance. »

Dans cette optique collective choisie par Ligiquas, Sagan n’évoque donc pas le classement final que pourrait disputer Nibali. Comme d’autres d’ailleurs. Slagter mais également Fulgsang et Cancellara, les deux compères de RadioShack, parmi le top 10 que l’Allemand Andre Greipel a intégré. Il fut le seul pur sprinter à accompagner les meilleurs dans la finale compliquée, ce qui situe son degré de forme. A quatre secondes de Sagan au général, le coureur de Lotto – Belisol pourrait reprendre son bien ce jeudi soir à la faveur d’une étape moins difficile entre Al Awabi et Muscat (144 km).

Vos réactions

Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir