Tour d’Oman : Kittel gagne, Greipel redevient leader
STEPHANE THIRION
jeudi 16 février 2012, 18:09
L’Allemand Marcel Kittel (Project 1t4i) a remporté la troisième étape en devançant au sprint son compatriote Andre Greipel. Par Stéphane THIRION, envoyé spécial à Muscat
© Belga
Laminé par les affaires qui éclaboussèrent l’ancienne équipe T-Mobile de Jan Ullrich, d’Erik Zabel puis plus tard par le scandale provoqué par le dopage de Stefan Schumacher, le cyclisme allemand se remet lentement mais sûrement de ses déboires du passé qui avaient poussé la télévision publique à ne plus retransmettre le Tour de France. Derrière un ancien comme Andre Greipel, Tony Martin s’est ainsi élevé en patron de la nouvelle génération. Le favori du prologue à Liège avec Cancellara a en outre intégré les rangs de l’équipe Omega Pharma – Quick Step ce qui ajoutera du piment à son ascension vers l’excellence. L’Allemagne dispose aussi de nouveaux sprinters aussi forts que Zabel au temps de sa splendeur déchue par ses aveux de dopage. Degenkolb et Kittel, recrutés par la formation néerlandaise Project 1T4I, l’ancienne Skil-Shimano (Project 1T41, est en fait un concept choisi par le futur sponsor de dimension internationale qui sera annoncé dans la quinzaine) font la pluie et le beau temps entre les ténors de la discipline mais ils ont rapidement trouvé leur place malgré leur jeune âge. Auteur de 15 bouquets en 2011, Marcel Kittel (23 ans), avait raflé quatre étapes aux Quatre jours de Dunkerque, quatre autres au Tour de Pologne et une à la Vuelta.
« Mais le gratin du sprint n’était pas là, corrigeait-il jeudi après sa victoire au terme de la troisième étape du Tour d’Oman. J’ai choisi de reprendre dès janvier au Herald Sun Tour en Australie (deux bouquets) puis d’enchaîner avec l’Etoile de Bessèges (une victoire) avant de hausser le ton en m’inscrivant à Oman où je connaissais le plateau, très relevé. C’était en réalité mon premier vrai test face aux ténors. Ce qui m’arrive est évidemment extraordinaire. J’ai pris la meilleure roue, celle de Cavendish, puis à 250 mètres de la ligne, je ne me suis pas posé de question et voilà », souriait-il le souffle coupé par l’émotion et l’effort.
Kittel a battu son compatriote Greipel qui à la faveur des bonifications, a repris le maillot rouge de leader détenu par Peter Sagan. « J’ai dû relancer mon sprint après avoir été gêné par un coureur de Garmin, disait le coureur de Lotto, mais je ne conteste pas le succès de Marcel qui m’a battu à la régulière. C’est un grand espoir du sprint allemand, cela provoque de l’émulation parmi mes compatriotes, c’est très bien. »
L’effort était d’autant plus compliqué qu’il était situé au terme d’une étape disputée dans son intégralité avec le vent de face et que, derrière les quatre échappés du jour parmi lesquels notre compatriote Kevin Hulsmans (Farnese), la poursuite fut uniquement assurée par Lotto, Sky et Project. On vit ainsi Van Genechten (Lotto) prendre le vent pendant deux bonnes heures. « Je suis mort, avouait le Hennuyer, mais bon, cela a servi à reprendre le maillot. » Le Wallon réussit parfaitement son intégration dans sa nouvelle formation. « Il abat un boulot formidable, expliquait son directeur sportif Jean-Pierre Heynderickx. Il a du coffre et même s’il n’est pas grand, il peut tenir la distance devant un peloton, c’est dire s’il a une fameuse marge de progression. »
Ce jeudi, il s’agira d’une autre affaire. La route s’élèvera davantage. « Ce sera pour ceux qui jouent le classement général », admettait Greipel malgré son aisance, mercredi, dans la montée de la deuxième étape. Le Tour d’Oman monte effectivement en puissance. « Il débute même ce vendredi », estimait Wilfried Peeters (Omega Quick Step). Boonen, sixième, Chavanel, bien en jambes, ont sans doute un plan après des débuts plus discrets qu’au Qatar. Idem pour la formation RadioSchak de Cancellara, Fulgsang et Schleck qui s’est montrée attentive tout au long de la journée mais sans puiser dans ses réserves. La grande bagarre est attendue.




















