Deuxième victoire d’étape de Greipel au Tour d’Oman

STEPHANE THIRION

vendredi 17 février 2012, 19:17

L’Allemand est arrivé vainqueur à la 4ème étape du tour d’Oman. Au bout d’un parcours accidenté, l’Allemand a réussi à mettre tout le monde d’accord. De notre envoyé spécial à Al Wadi Al Kadir, Stéphane THIRION

Deuxième victoire d’étape de Greipel au Tour d’Oman

© AFP

Les parcours ne font pas toujours la course qui est attendue par leurs profils. Celui qui était proposé aux concurrents du Tour d’Oman vendredi méritait pourtant le détour, une splendide partie de montagnes russes qui a pourtant débouché sur un sprint enlevé de manière magistrale par le maillot rouge Andre Greipel. Ce verdict était pour le moins inattendu au matin de signer la feuille au départ de Bidbid où le vent soufflait dans tous les sens, signe précurseur d’un départ rapide ce qui motiva les coureurs à se placer sur la ligne un quart d’heure avant la mise en route !

Prêts pour la bagarre lancée à 80 km/h ? Même pas. Sauf pour deux Belges qui persistèrent à cette allure folle à fond les manettes au point de se détacher sans éveiller l’attention d’un peloton plus amorphe. Stijn Vandenbergh (Omega Pharma-Quick Step) et Klaas Lodewyck (BMC) s’associèrent dans une très longue échappée au cours de laquelle leur entente fut parfaite. Le jeune équipier emmené de Lotto par Gilbert chez BMC remporta les deux sprints de la journée (situés au…sommet des côtes les plus exigeantes) ce qui lui permit d’endosser le maillot tricolore des rushs. Derrière, la poursuite ne s’engagea pas totalement, elle n’était pas organisée. Le tandem belge perdait certes du temps dans les bosses mais il en regagnait dans les descentes. Il aborda ainsi les deux circuits tracés à Al Wadi Al Kadir avec encore deux minutes d’avance sur un peloton toujours groupé. La finale fut cependant trop sélective pour Lodewyck qui lâcha prise. Vandenbergh, courageux, maintint son effort et ne fut repris qu’à 8 kilomètres du peloton sur une attaque de son leader Chavanel qui avait intelligemment pris le relais de son équipier. Dans la roue du champion de France, Sagan et les hommes de Liquigas élevèrent sensiblement le rythme, fatal aux sprinters. Un groupe avec Sagan, Chavanel, Fulgsang, Ten Dam se forma, pensait-on, de manière définitive mais c’était mal connaître l’obstination des

Lotto-Belisol.

« Debusschere, Sieberg et Hansen m’ont ramené à deux kilomètres de l’arrivée, expliqua Greipel. J’étais derrière les autres mais sur le faux-plat montant, ils ont accompli un boulot de rêve. Je ne pensais jamais conserver mon maillot de leader et encore moins gagner cette étape ! »

Peter Sagan a pourtant tout essayé pour éliminer les sprinters. Certes, Cavendish et Farrar ne sont jamais rentrés mais les autres étaient là, dont Boonen. « Avant d’arriver ici, j’ai pourtant vécu ma plus mauvaise semaine de préparation, continuait Greipel. Je suis tombé malade après la présentation de l’équipe à Bruxelles, j’ai roulé à Majorque sous la pluie, bref, je n’avais aucun repère depuis le Tour Down Under. C’est la preuve que j’avais le fond. Ensuite, j’ai le sentiment que notre équipe est plus homogène que l’année dernière, peut-être parce qu’il m’a fallu un peu de temps pour connaître les autres et m’adapter. Mais je ne suis pas plus fort qu’il y a douze mois. »

Ce samedi, même s’il ne faut plus jurer de rien avec ce diable de Greipel, il s’agira d’un autre programme : l’arrivée au sommet de la « Green moutain » (qui n’est absolument pas verte d’ailleurs) où Gesink avait pris le pouvoir l’année dernière. Des concurrents potentiels pour la victoire finale, aucun ne semble au-dessus du lot avec maîtrise, on l’a vu vendredi. Mais il est évident que beaucoup cachent leur dernière cartouche parmi lesquels Fulgsang, Slagter, Rodriguez, Sagan et peut-être une autre surprise française dans le genre Jeannesson dont l’équipe (FDJ) marche du tonnerre avec son sprinter Nacer Bouhanni. La coup de pédales, enfin, de Fabian Cancellera ne ment pas. Quatrième en 2011 au sommet de la Green moutain, le Suisse sera-t-il l’équipier de Fulgsang ou un favori ? « J’ai mon idée là-dessus, disait Andy Schleck. En ce qui me concerne, je serai équipier, il s’agira de ma première arrivée en altitude de la saison mais j’ai de bons espoirs pour mes amis, j’espère même imprimer le rythme dans la côte en leur faveur. »

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