Tour d’Oman : Victoire de Nibali, Velits nouveau leader

STEPHANE THIRION

samedi 18 février 2012, 19:12

Vincenzo Nibali a remporté l’étape-reine au sommet de la Green Moutain mais c’est Peter Velits qui prend le maillot de leader pour une seconde grâce aux erreurs de l’Italien la veille. Par Stéphane THIRION, de notre envoyé spécial à Jabal Al Akhdhar

Tour d’Oman : Victoire de Nibali, Velits nouveau leader

Peter Velits, le nouveau leader du Tour d’Oman, © AFP

L’Italien Le Tour d’Oman n’a peut-être pas encore rendu son verdict définitif alors que la dernière étape se disputera ce dimanche sans doute au sprint au bout des circuits dans la baie de Mattrah. Une petite seconde sépare en effet les deux premiers de l’étape de la Green Moutain, Vincenzo Nibali et Peter Velits. Nibali, la veille, avait reçu une engueulade bien appuyée de son directeur sportif Dario Mariuzzo qui s’était fâché après les efforts consentis par son protégé dans le dernier tour de la course. « Je voulais faire mon boulot pour emmener Sagan, expliqua-t-il, cela me semblait logique. » Mariuzzo était surtout courroucé parce que Greipel s’était imposé, sinon, la tactique de son coureur reflétait une belle solidarité collective. Mais dans l’histoire, Nibali avait perdu quinze secondes en terminant en roue libre derrière le peloton ! Un détail ? Pas tellement car il ne gagnera sans doute pas le classement final même si tout peut arriver aujourd’hui à Velits mais c’est peu probable.

« Je n’en fais pas une montagne, souriait Nibali. L’essentiel, pour moi, c’était de gagner quelque chose. Or, c’est une libération ! Je n’avais plus levé les bras depuis le Trophée Melinda (août 2010). Nibali oubliait d’ajouter qu’il avait remporté le Tour d’Espagne quelques semaines plus tard, certes sans gagner d’étape mais tout de même ! C’était une trop longue attente, j’ai dû me faire violence. J’ai attaqué très fort sur un faux-plat, j’ai donné tout ce que j’avais dans le ventre, je ne me suis jamais retourné. Il s’agissait d’un test important qui m’apporte beaucoup de confiance après une saison sans succès. L’année dernière, j’étais pourtant resté à un très haut niveau mais j’ai manqué de réussite. J’ai attaqué à 4 kilomètres de la ligne alors que Casar faisait le tempo. Je suis d’autant plus ravi que je connais ma nouvelle compagne depuis un an exactement et je lui dédie ce succès. »

Nibali, on l’a compris, préférait gagner plutôt que de spéculer sur classement final. C’est tout à son honneur et cela permet à l’équipe Omega Pharma – Quick Step d’espérer réaliser le premier doublé des Emirats pour la même équipe (Boonen au Qatar) avec son Slovaque Peter Velits, le frère jumeau de Martin. « Je savais qu’il était bien mais je ne m’attendais pas à cela, relatait Wilfried Peeters, son directeur sportif, aux anges. Nous avions bien un plan, avec Chavanel en ouverture et Peter derrière mais je craignais l’explosivité des purs grimpeurs dont évidemment Nibali. Cela prouve que l’intégration des nouvelles recrues se déroule sans problème et que le travail intense de cet hiver paie (NDLR : Gerald Ciolek s’est imposé samedi au Tour d’Algarve pour élargir le copieux palmarès de Quick Step en ce début de saison.)

Peter Velits ne savait pas qu’il était maillot rouge alors qu’il récupérait, le souffle coupé, sur le bitume surchauffé de la Green Mountain.« « C’est la première fois que je porte un maillot de leader dans une course depuis 5 ans. C’était lors d’une course en Afrique du Sud et je ne suis même pas sûr qu’elle était répertoriée. Là, je plane, même si ce n’est pas un championnat du monde, c’était très dur. J’ai en plus commis une erreur en laissant partir Nibali. J’attendais que quelqu’un d’autre contre et cette hésitation m’a obligé à un chrono derrière lui.

Avec le soutien de sa formation, Velits n’a qu’une crainte : une chute. « Avec Boonen, Steegmans, Van Keirsbulck, on a de quoi faire pour défendre le maillot et empêcher Nibali de jouer les bonifications », concluait Peeters. Cette étape majeure a aussi confirmé la santé resplendissante du jeune cyclisme français. Après les performances de Démare au Qatar et de Bouhanni, Tony Gallopin (RadioShack), aussi à l’aise dans les sprints qu’en montagne a confirmé samedi tout le bien que l’on pense du neveu d’Alain, son directeur sportif. Troisième du général, c’est la belle promesse de ce Tour d’Oman. Côté belge, c’était moins le cas mais il est vrai que nos grimpeurs n’étaient pas ici. Vansummeren a d’ailleurs hérité de la place de premier Belge…

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