Circuit Het Nieuwsblad : Vanmarcke, la surprise du chef
Rédaction en ligne
samedi 25 février 2012, 19:30
Le jeune Flandrien, deuxième de Gand-Wevelgem en 2010 s’est offert le scalp de Boonen et de Flecha au terme d’une échappée royale lors de la course d’ouverture au circuit Het Nieuwsblad. Par Stéphane Thirion
© Belga
Celui-là, il fallait le jouer quand, sous le ciel complètement dégagé de la place Saint-Pierre de Gand, les trois coups de la saison cycliste belge furent donnés. Vanmarcke (23 ans), un talent formé au sein de Topsport Vlaanderen s’était fait connaître en 2010 en terminant deuxième de Gand-Wevelgem derrière Eisel et devant Gilbert dans une configuration de course exactement comparable au circuit Het Nieuwsblad disputé samedi entre Gand et Gand. Equipier de l’Australien Heinrich Haussler, le Flandrien n’avait pas de mission particulière au moment de prendre le départ, sinon d’excellentes sensations. « A l’entraînement, j’avais déjà perçu mes possibilités, j’étais sur le grand plateau là où d’autres semblaient plus mal à l’aise, expliqua-t-il après sa victoire, mais de là à imaginer battre Boonen et Flecha au terme d’une échappée de ce calibre, cela non, je n’y avais pas pensé ! »
Le protégé de l’ancien spécialiste des courses d’un jour, Eric Van Lancker, chez Garmin-Barracuda n’a pas rechigné à la tâche lorsque la course se décida à 60 kilomètres de l’arrivée suite à une accélération de Boonen dans le Taaienberg. Le grandissime favori, accompagné de son équipier Devenyns voulait annoncer la couleur et il le fit, flanqué de Vanmarcke, Flecha, Hushovd, entre autres. Cela sentait l’échappée de ténors, ce qui se confirma au fil des kilomètres. « Il y avait cependant trop de beau monde et, dès que je le pouvais, j’accélérais sur les secteurs pavés pour m’offrir un maximum de chances. Je ne voulais rien regretter. » Car sous l’impulsion du citoyen de Waregem, le groupe de tête se réduisit à trois unités dans la finale. « Au pire, je terminais derrière deux des plus grands coureurs de classiques, je n’avais rien à, perdre ! A la flamme rouge, j’ai pris la roue de Boonen, forcément, et je me suis souvenu des images de l’édition précédente quand Flecha avait pris la chicane en premier ce qui l’avait fait perdre face à Langeveld. J’étais assez lucide pour penser à cela mais ce n’était pas simple à concrétiser face à de tels adversaires. Tom m’a félicité tout de suite, j’ai mesuré à ce moment-là la portée de la victoire mais je mesure aussi qu’il s’agissait de la course d’ouverture et que, dans cinq semaines, au
Tour des Flandres, on parlera d’autre chose. Mais je suis patient, je ne brûle pas les étapes. Gilbert a aussi gagné le Volk quand il était jeune. Je ne suivrai pas sa trajectoire car je suis surtout un homme de pavés, mais si je peux progresser comme lui, je signe des deux mains ! »
Contrarié par une blessure au tendon d’Achille en 2011, Vanmarcke a déjà démontré ses qualités sur des parcours similaires. Deuxième à Wevelgem en 2010, donc, mais aussi quatrième à Harelbeke l’année dernière, il n’est plus un néophyte sur ce terrain particulier. Un futur Boonen ? Je n’ai pas son sprint, je n’aime pas les comparaisons mais je suis fan des mêmes courses, en particulier Paris-Roubaix.
Vanmarcke est le premier Belge à remporter la course d’ouverture depuis… Gilbert (2008). Entre-temps, Hushovd, Flecha et Langeveld avaient rompu la suprématie nationale. Parmi les épreuves flamandes, c’est la seule qui manque au palmarès de Boonen. Chacun était pourtant convaincu que c’était enfin la bonne samedi. « Moi aussi, mais j’ai pris le sprint en tête, peut-être trop confiant, mais il n’y a rien à dire, le plus fort a gagné. Vanmarcke a accompli une grande course, il nous faisait mal sur les pavés, il a activement dessiné sa victoire. » Nullement abattu et l’esprit déjà à Kuurne qui se dispute ce dimanche, Boonen n’en faisait pas un plat pas davantage que Gilbert victime d’un ennui mécanique pile quand la bagarre démarra. « Oui mais je n’étais pas dans un bon jour. D’ailleurs, c’est souvent quand on n’est pas au top qu’on a des problèmes de matériel. L’année dernière, déjà, cette course ne m’avait pas souri mais cela ne m’a perturbé pour la suite. Je savais que Thor Hushovd était dans le groupe de tête mais quand il a été distancé et que nous sommes rentrés sur lui, il était trop tard pour réagir. C’était une course sans oreillette, cela s’est ressenti dans sa gestion. »
Stéphane Thirion




















