Affaire D’Onofrio : « Anderlecht risque un redressement fiscal »
Rédaction en ligne
lundi 19 décembre 2011, 15:40
Suite aux inculpations de Djuro Sorgic et Alphonse Costantin en lien, notamment, avec le transfert d’Ivica Mornar, de nouvelles inculpations sont-elles à craindre dans les rangs anderlechtois ? Résumé du chat avec David Leloup
Belga
Que risque le standard de Liège et Anderlecht, sportivement et financièrement dans toute cette affaire ? (Yves)
« Pour l’instant le Standard ne risque rien, si ce n’est une dégradation de son image. D’après un expert fiscal que j’ai pu joindre ce matin, Anderlecht risque un redressement fiscal de minimum 500.000 euros via le régime spécial de taxation des commissions secrètes. Le joueur, lui, risque de devoir payer un impôt rétrospectif de 115.000 euros. »
La seule personne qui dit que Verschueren était au courant est D’Onofrio, un ancien Manager condamné de multiples fois. Doit-on vraiment prendre sa parole pour argent comptant ? Ne risque-t-on pas d’avoir le même genre d’affaire avec tous les clubs qui ont réalisé des transferts avec le Standard de l’ère D’Onofrio ? (el tiburon)
« Rappelons que M. Verschueren n’a pas été inculpé et est présumé innocent. Cela dit une série d’éléments ne plaident pas vraiment en sa faveur : 1/ La facture de Concordia payée par Anderlecht (250.000 euros) est gonflée aux stéroïdes : elle représente 20 % du prix du transfert de Mornar, contre 7 % en moyenne pour une commission « normale » d’agent de joueurs. 2/ Si Michel Verschueren ignorait qu’une partie de cette somme retournerait au joueur, aurait-il vraiment accepté de payer une commission trois fois supérieure à la normale à un agent de joueurs ? 3/ Lors d’une audition de Lucien D’Onofrio par les enquêteurs, l’ex-homme fort du Standard a dit que ce montage avait été mis en place à la demande d’Anderlecht à des fins « d’optimisation fiscale et sociale ». 4/ Djuro Sorgic, l’agent (non agréé par la FIFA) de Mornar marche sur des œufs mais il sait que M. Verschueren connaissait la destination de l’argent. »
Que risque Lucien D’Onofrio ? et les autres inculpés ? (Yves)
« Une inculpation éventuelle de M. Verschueren est théoriquement possible mais cela dépend de certains paramètres dont je n’ai pas connaissance. Lucien D’Onofrio, dans le cadre du transfert de Mornar, ne risque rien. Par contre, il a été inculpé pour blanchiment en juin dernier. S’il est jugé pour ces faits, il risque une peine de prison et une amende. »
Est-ce que l’inculpation est à l’ordre du jour ? Quand pourrait se tenir le procès ? (José)
« Le parquet de Liège trace actuellement son réquisitoire. Il peut décider dans la foulée d’inculper de nouveaux acteurs du dossier. Le parquet rédige son réquisitoire. Le dossier sera ensuite examiné par la chambre du conseil. Celle-ci devra décider du renvoi ou non des personnes inculpées devant le tribunal correctionnel. Les parties en cause auront cependant la possibilité de demander des devoirs d’enquête complémentaires, qui pourraient leur être accordés. Bref, on pourrait s’attendre à l’ouverture du procès au plus tôt au printemps 2012, au plus tard fin de l’année prochaine. »
Le standard peut-il être rétrogradé dans une division inférieure ?(Gégé)
« Tout comme un retrait de titre, cela me paraît peu probable. »
Les sommes en jeu sont « ridicules » au niveau d’un club comme Anderlecht, voir même pour Mornar. Peut-on cependant penser qu’une enquête approfondie voie le jour concernant les pratiques de transfert d’Anderlecht et que cela débouche sur d’autres commissions occultes ? (Marc)
« Je n’en sais rien, mais les rares fois où une enquête judiciaire s’ouvre dans le milieu du foot, la justice tombe sur des commissions occultes. Les sommes semblent ridicules à l’échelle d’un grand club, effectivement, mais il est difficile de chiffrer les dégâts occasionnés par ces pratiques à l’image de marque d’un club, qui est aussi importante. l’enquête liégeoise a montré que le système au Standard n’était pas généralisé. De nombreux transferts ont révélé des irrégularités, certes, mais la plus grande partie pas. »
Résumé par Lucile Brizais (St.)




















